Culture
Exposition : Doisneau, le photographe des Halles
09 Février 2012
Les Halles de Paris étaient un grand marché avant d’être le piteux centre commercial d’aujourd’hui. C’est à travers une exposition consacrée aux photos de Robert Doisneau que nous parcourons l’évolution de ce quartier emblématique de la capitale.
Déchargement des camions, marchandes de fleurs, restaurateurs, fromagers, sous-sols et sorties de fêtes…Les photographies de Doisneau fixent le quotidien des Halles et du « petit peuple » du XXe siècle.
Du 8 février au 28 avril, se tient dans une salle de la mairie de Paris une exposition de 205 tirages de Robert Doisneau (1912-1994), amateur du quartier des Halles qu’il a photographié en 1933 pour la première fois. Pendant toute sa carrière, le photographe ne cessera d’y retourner pour capturer les transformations progressives du « ventre de Paris », comme le qualifiait Zola. Cette rétrospective thématique semble d’ailleurs illustrer les descriptions qu’en a pu faire l’écrivain réaliste.
« Les glaneuses », exposée en grand format, met en scène une multitude de femmes qui ramassent les invendus. Cette image témoigne d’une l’époque, de difficultés économiques et sociales si présentes.
Du marché regorgeant de denrées alimentaires à la bâtisse actuelle, l’œuvre de Doisneau témoigne de la constante mutation du quartier et de sa déshumanisation graduelle à partir de 1960, date à laquelle a été prise la décision de déplacer le marché à Rungis (Val-de-Marne).
Le photographe sait rendre compte de tous les arcanes de la capitale et des Halles plus particulièrement. Le regard de l’artiste est engagé et les photos attestent de son intérêt pour le quartier, la nostalgie y est perceptible. Au cours de la rétrospective, on comprend la consternation du photographe quant à la transformation du lieu en un forum. Le talent de Doisneau est d’autant plus fort qu’il parvient à maintenir une pudeur et laisse une place à notre libre-arbitre.
Il fige les derniers moments du marché jusqu’au chantier de Beaubourg et des pavillons de Baltard en morceaux, clôturant l’exposition sur une note mélancolique, illustrée par l’expression de tristesse lisible sur les visages des Parisiens qui regardent la scène de la déconstruction. « Je me moque du noctambule qui n’y trouvera plus le bain de fraîcheur après les plaisirs frelatés de la nuit mais je pense à l’homme à la dérive, ses amis dans la ville endormie où les téléphones sont muets, il accostait aux Halles, un peu de chance, il y trouvait de quoi vivre ; un peu de chance encore, il était adopté », écrivit Doisneau. Cette exposition narre l’histoire du « ventre de Paris », elle raconte l’amour qui lie le photographe à ce quartier disparu.
Publié par Kheireddine
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