Culture

Face aux critiques, le MuCEM abandonne son projet de plage

16 Juin 2015

Vue de l'esplanade du J4 aménagée pour le projet MuCEM Plage. (©Thomas Denhier)
L'opération "MuCEM Plage", contestée pour sa "légèreté" a conduit dimanche 14 juin le musée marseillais à annuler le projet.

Implanté au cœur du vieux port de Marseille, le Le Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée a annoncé dimanche 14 juin qu’il renonçait à son projet baptisé “MuCEM Plage” qui suscitait depuis début juin polémiques et oppositions. Parmi les critiques, la CFDT Culture avait notamment décrié le projet dans un billet d’humeur publié sur son site internet, jugeant le “contenu scientifique, culturel ou artistique plus que discutable” et affirmant que son coût de 380 000 euros allait conduire à “rogner sur les programmations prévues”.

Cécilia Rapine, secrétaire générale adjointe à la CFDT Culture affirme “être très heureuse de cette décision”. Le syndicat critiquait en particulier le principe de créer une plage artificielle dans une zone où l’accès à la mer est interdit, alors que la ville dispose de 57 km de côtes où la baignade est autorisée, et l’installation de douches et de brumisateurs sur la plage. La question d’éventuelles dégradations causées par le sable sur les collections du musée était aussi posée.

Le regret des organisateurs
La tendance risquait d’être difficile à inverser ” déclare Nicolas Détrie, directeur de l’association Yes We Camp, partenaire du projet, qui reconnaît la vivacité des critiques contre la plage. Il regrette que cette opération “courageuse et mise en place dans une ville fractionnée comme Marseille”, visant à rassembler, à “créer des passerelles entre les riverains et réunir plusieurs milieux sociaux” puisse être abandonnée. Mais pour Cécilia Rapine, cette reculade rapide démontre l’absence de légitimité d’une telle opération, alors que la direction du MuCEM venait seulement de communiquer sur l’événement : “Si le projet avait un vrai fond, le musée aurait été capable de nous contrer” observe-t-elle.

Des installations ambitieuses
Au total, 640 tonnes de sable devaient être déversées sur cette plage artificielle qui devait se tenir sur l’esplanade du J4, bâtiment de l’architecte Rudy Ricciotti entre le 25 juillet et le 21 août. Planifiée depuis automne dernier la plage devait accueillir quelque 17 animations imaginées par Yes We Camp, entre bars, terrains de sport, transats et barbecues.

Publié par Maëlle Auriol

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