Culture

Grève prolongée à Radio France

13 Avril 2015

Radio France entame sa 27ème journée de conflit
La crispation était au rendez-vous ce lundi 13 avril au matin à Radio France. Les syndicats n’étant pas satisfaits du rapport du médiateur, l’assemblée générale a été suspendue et reconduite à 15 heures. A 16h45, les syndicats annonçaient une 27ème journée de conflit. Devant les locaux, les salariés, tendus, s’inquiètent.

« Je pense que la grève va persister. Les syndicats sont mécontents du compte-rendu du médiateur » rapportait déjà Yoann, stagiaire à France Info. Devant l’entrée Seine de Radio France, c’est le calme plat. Les salariés sortent, prennent le flyer du parti Europe Démocratie Esperanto –qui soutient le mouvement- et chuchotent entre collègues. Caroline et Virginie travaillent au service financier du groupe public. Pour Virginie, « tant qu’il y a des emplois en jeu, je ne vois pas comment les syndicats peuvent être satisfaits des négociations. Il faut une vraie solution, concrète ». « Les difficultés viennent surtout du ministère qui nous aide moins, continue Caroline. Notre service ne pouvait rien faire sur la partie budgétaire. »

En plus de négociations qui bloquent, la solidarité semble s’essouffler. Motrice d’un mouvement uni, elle était au départ encouragée par des concerts de soutien organisés par les orchestres partenaires. « Les concerts remontent le moral, donnent envie d’aller au bout », se rappelle Virginie. Pourtant, cet élan ne concerne apparemment pas tous les services. Léa travaille dans une émission de France Inter. Elle déplore pour sa part « un manque de solidarité total » au sein de son équipe. Elle décrit une ambiance froide.

« L’argent est le nerf de la guerre », explique un employé du service courrier, qui, comme la plupart des gens sur place, refuse de donner son nom. « La guerre » est selon lui une bonne image de l’ambiance qui règne à la radio. Une ambiance sèche, crispée. L’échec des négociations se traduit par une tension d’autant plus grande que les salariés perdent de l’argent à mesure que la grève continue. Près d’affiches clamant « Radio France en colère », accompagnées d’un dessin de guillotine, l’anxiété des salariés est palpable. Mâchoires crispées, les employés n’ont qu’une phrase à la bouche : « C’est une aberration ». Dans tous les services, l’inquiétude est la même. « On sent une grande crispation, même au sein du courrier », continue l’employé. Dans son service, Léa ressent cette même tension « due aux enjeux de la grève ».

D’un autre côté, la charge de travail est très irrégulière et différente selon les services. Yoann vient de commencer à France Info. « Depuis ce matin, je ne fais pas grand chose. Je suis passé avec les membres de mon équipe à l’assemblée générale, c’est tout. Mais un collègue de France Culture m’a expliqué que chez lui, c’était encore pire », raconte-il. L’organisation de la journée se fait au gré des annonces des syndicats. « Je travaille pour une émission diffusée à 15 heures. Les réalisateurs essaient de nous prévenir le matin même si on va pouvoir faire notre programme mais c’est très compliqué. Les jours ne se ressemblent pas », confirme Léa.

Publié par Sophie Zaslavsky

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