Culture

Rétrospective Erwin Blumenfeld à la galerie du Jeu de Paume

16 Octobre 2013

Crédits Photos : © Pierrick PATARIN et © Marion MAIMON
Le Jeu de Paume en ce mardi 15 octobre 2013 accueille une exposition qui fera date en cette rentrée 2013. Près de 300 œuvres de l’artiste Allemand Erwin Blumenfeld (1867-1969) sont à l’honneur.

Après avoir connu l’effervescence de la Fashion Week, le quartier des Tuileries à Paris accueille à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 24 janvier 2014, une rétrospective du photographe allemand Erwin Blumenfeld. Un grand nombre d’œuvres sont issues de collections privées.

Pierrick PATARIN

L’exposition couvre une période assez large de la vie de l’artiste, de la fin des années 1910 jusqu’aux années 60. Les visiteurs peuvent ainsi se familiariser avec sa « patte » et découvrir son œuvre de manière plus globale tout en explorant de multiples facettes de sa personnalité comme son talent méconnu pour les croquis ou les portraits griffonnés. Véritable témoin de l’entre-deux-guerres, cet artiste ne s’est pas cantonné à une seule et unique forme d’expression artistique. L’ensemble des œuvres exposées au sein de la collection réunie en cette rentrée 2013 à Paris regroupe des photographies, mais également des dessins et des photomontages.

Ses œuvres les plus marquantes sont associées à sa période de production chez Vogue et avec le Harper’s Bazaar à la fin des années 30 en France et au début de la guerre lors de son exil aux USA.

Blumenfeld visonnaire ?

La vision artistique et le potentiel créatif de Erwin Blumenfeld transparaissent dans son travail qui nous apparaît d’une grande modernité.   

Devant ses « Trois Profils » de 1952 par exemple, le visiteur découvre des lignes très prononcées qui sont utilisées pour souligner les profils de femmes. L’explosivité et la puissance de la couleur sont impressionnantes.
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Le portrait de profil de Audrey Hepburn démultiplié à l’infini grâce à l’utilisation d’un miroir et d’effets visuels anticipe la folie créatrice du Pop Art à travers la surreprésentation d’un modèle au sein d’une même œuvre comme Andy Warhol avec les soupes Campbell, les portraits de Marilyn. L’influence du travail des Surréalistes est aussi visible dans ce portrait particulier en noir et blanc de la diva d’Hollywood, actrice vedette de Charade.
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L’œuvre du photographe Allemand prend un ton plus politique et toujours aussi visionnaire comme avec « Le Minotaure » de 1937. Dans cette production, un colosse avec une tête animale repoussante et monstrueuse est représenté vêtu d’une cape. Il est difficile de s’empêcher de penser aux dictateurs italiens et allemands qui quelques années plus tard entraîneront l’humanité à sa perte.

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La beauté d’une jeune femme blonde, diaphane, s’étale face à la noirceur et à la froideur de la ville dont les buildings ne peuvent rivaliser avec la tenue de soirée de la jeune déesse dont les nombreux replis et circonvolutions permettent d’exercer un jeu d’ombre et de lumière sur la tenue du modèle qui transfigurent l’œuvre « Robe Verte » de 1946. L’esthétique « noire » des « privés » et autres « femmes fatales » semble avoir trouvé un digne représentant au regard de cette vision de la jeune femme blonde à la robe verte.

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Dans la grande majorité d’entre elles, les œuvres de Erwin Blumenfeld soulignent et célèbrent la beauté féminine. Ce photographe qui a tant sublimé les femmes à travers ses portraits et ses créations visuelles est mort en 1969, « année érotique » s’il en est, un an après le sursaut politique et culturel de mai 68 à Paris, mais aussi dans l’une des villes romantiques par excellence, Rome. La promesse d’évasion, la grâce d’une rencontre avec un modèle féminin transparaissent tout au long de son œuvre alors même que son existence a été le théâtre de nombreuses souffrances et marqué par l’exil. Les femmes et la production artistique à travers la photographie, domaine qui passionnait Erwin Blumenfeld depuis sa tendre enfance, illuminent la rétrospective du Jeu de Paume qui pourrait bien concurrencer les expositions parisiennes vedettes de l’hiver 2013.   

Publié par Gabriel MABILLE

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