Faits-divers

Alain Robert : «Etre suspendu dans le vide, c’est ma façon de vivre»

04 Octobre 2013

Alain Robert a escaladé jeudi 3 octobre les 185 mètres de la tour GDF Suez du quartier d'affaires de la Défense pour la seconde fois. A chaque fois, ses ascensions créent l’événement. Les Tours Petronas à Kwala Lumpur en Malaisie (452m), la Tapei 101 à Taiwan (508M) ou encore Burj Kahlifa à Dubaï (828m), à 51 ans, celui qu'on appelle le «Spiderman Français» n’a plus rien à prouver avec environ 90 édifices escaladés à son actif depuis 1994. Son invalidité et son vertige ne l’ont jamais empêché de détenir quatre records du monde ainsi que des médailles et de multiples prix.

EFJ Mag : Pourquoi avoir escaladé à nouveau la tour GDF Suez à La Défense hier, quel était le challenge ?

Alain Robert : «Je n’avais pas de challenge, la femme de mon ami, qui est par ailleurs mon sponsor (ndlr Norgil International) s’est tuée sur l’autoroute. J’ai donc grimpé le gratte ciel avec un sweat avec inscrit « Norgil.com » et « merci Gil et Cathy » en hommage a mes amis».

Vous avez prévenu la presse pour cette ascension ?

«J’ai essaye de la médiatiser un peu, mais j’avais une plage de temps très courte car je repars a Jakarta. En plus de ça, je ne savais pas si il allait faire beau, ce qui est essentiel. J’ai donc prévenu un minimum de media mais les plus importants, en l’occurrence TF1 et les agences de presse Reuters et AP (Associated Press) car c’est international. Mais souvent, je surprends par mes ascensions».

Vous êtes demandé aux quatre coins du monde pour vos exploits ou vous démarchez encore ?

«Je ne démarche jamais, je suis très sollicité grâce a mes ascensions déjà mondialement reconnues. Dernièrement, on m’a demande d’aller en Nouvelle Zélande pour la marque Samsung. On vit dans un monde où il faut être demandé. En allant vers les gens, on ne vous prend pas au sérieux et on vous fait faux bond. Aujourd’hui, des grands entrepreneurs du monde entier me sollicitent pour associer le nom de leur marque avec l’image d’un homme qui repousse les limites.»

Comment conjuguez-vous invalidité et ascensions extrêmes, la plupart du temps sans matériel d’assurage ?

«Il n’y a rien du tout qui me retient la plupart du temps en effet, c’est ce qui fait ma singularité. Pour mon invalidité, c’est juste une question d’optimiser les capacités qui restent. Mon corps fonctionne très bien, si on perd d’un coté on devient plus fort de l’autre. Je suis tombé sur la tête en 1982 et suis sujet a des crises d’épilepsie. C’est beaucoup d’entraînement durant des décennies, je ne fais qu’être plus à l’aise avec le temps. Et puis ça ne me dérange pas de prendre des risques, c’est aussi un rêve que je réalise chaque jour. Il y a des gens qui ont des problèmes plus graves,  ce n’est pas un handicap qui va me stopper, il y en a qui gagnent 80 euros par mois dans le monde, on l’oublie trop, moi à côté je n’ai aucun problème. Ici, on s’embourgeoise, on ne prend plus les choses spontanément, on est a dix mille lieux du reste du monde».

Qu’est-ce qui vous pousse à continuer après vos multiples records et la plus haute tour du monde, la Burj Khalifa de Dubaï ?

«C’est ma vie, c’est comme ça que je m’éclate, être suspendu dans le vide juste avec mes mains c’est ma façon de vivre. Je gagne aussi ma vie avec ça, j’ai l’impression d’être en vacances, je prends autant de plaisir à me reposer qu’à grimper frénétiquement.»

Vous êtes moniteur d’escalade depuis 1976, quel a été le déclic qui vous a poussé à aller plus loin dans la discipline et vous spécialiser dans l’ascension de buildings?

«J’ai toujours aimé faire de l’escalade solo. Après 20 ans d’escalades rocheuses à haut niveau, en 1994 un fabricant de montre suisse m’a contacté pour escalader un building à Chicago, la City Bank. C’est la que j’ai changé de direction et décidé de m’attaquer aux buildings du monde entier pour en faire ma vie».

 

 

Publié par ARTHURLETANG

Partager cet article

  • Faits-divers

    Tous les articles