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Incendie de Château-Rouge : « J’ai vu les flammes dans le salon »

13 Juin 2014

Le deuxième étage de l'immeuble après le passage des flammes (crédit photo : Melissa Bellouti)
Dans la nuit de jeudi à vendredi, un incendie a dévasté un immeuble du 18ème arrondissement de Paris. Le 13 juin au petit matin, on ne pouvait que constater les dégâts sur place auprès d'Emile Jean qui a tout perdu dans le sinistre.

Depuis 6 heures du matin, il n’a pas quitté son poste. Juché sur un immense tas de débris, les mains gantées, Emile Jean tente de sauver quelques bricoles. L’incendie qui s’est déclaré la nuit dernière dans son appartement de la rue de Panama, dans le 18ème arrondissement de Paris, a tout ravagé. Ne reste qu’un amas de sommiers, vêtements, produits de beauté et photos noircis par la suie, tout comme la façade de l’immeuble. Une forte odeur de plastique brûlé et d’humidité se propage dans l’air ambiant.

« J’ai vu les flammes dans le salon »

Emile Jean vient s’asseoir sur le trottoir. Il est inquiet : tôt ce matin, les pompiers ont conduit à l’hôpital Bichat son épouse intoxiquée par la fumée. C’est elle qui s’est rendue compte la première du drame qui se tramait dans leur logement du deuxième étage. « Vers 4 heures du matin, ma femme m’a réveillé en me disant que quelque chose n’était pas normal. Elle est sortie de la chambre pour aller au salon. »
Il s’interrompt, se frotte les yeux. Sa voix se brise : « Je l’ai entendue crier, je me suis levé pour la rejoindre, et j’ai vu les flammes dans le salon ». Ensuite, tout devient flou. Le quinquagénaire se souvient seulement de s’être retrouvé sur le trottoir au petit matin, alors que les pompiers évacuaient l’immeuble…

Il se lève, retourne fouiller les restes de ses affaires. Il extirpe un sac de cuir noir, l’ouvre et s’exclame : « Les papiers, ils étaient là ! ». Il revient s’asseoir, exhibant carte d’identité, permis de conduire et carte vitale. Emile Jean retrouve un peu le sourire. Son appartement de 70m2 est dévasté, mais il fait confiance à son assurance : « J’habite ici seul avec ma femme depuis 2009, je n’ai jamais eu de problème. J’ai les bons papiers, je devrais pouvoir être indemnisé rapidement ».

Cent pompiers mobilisés pour éteindre les flammes

À présent, la première urgence est de reloger provisoirement les victimes de l’incendie qui a fait six blessés légers selon le commandant Plus, officier au service de communication des sapeurs pompiers de Paris. « Le feu a endommagé plusieurs appartements ; les plafonds ont été noircis par la fumée, les portes ont été enfoncées à la hache, et les lances à eau ont inondé les étages inférieurs. La cage d’escalier a aussi été touchée », explique le pompier.

Il faut dire que l’incendie, qui s’est propagé jusqu’au quatrième étage de l’immeuble, a nécessité l’intervention de cent pompiers et d’une trentaine d’engins, jusqu’à la fin de l’évacuation, vers 6 heures et demi.
Mais le commandant assure que « la mairie du 18ème arrondissement va mettre en place un plan d’urgence pour que les habitants sinistrés puissent avoir un toit ce soir ». Quant aux circonstances du drame, elles sont encore méconnues pour le moment, mais le Laboratoire Central de la Préfecture de Police s’est rendu sur place ce matin pour effectuer des analyses.

Une télévision à l’origine de l’incendie ?

Emile Jean a cependant sa petite idée sur le départ du feu : « Je n’ai pas pu bien voir avec la fumée dans le salon, mais je me demande si ce n’est pas la télé qui a tout provoqué… », confie-t-il. Quelques voisins venus aider pointent du doigt les installations électriques et l’insalubrité du bâtiment. Charles, qui habite au coin de la rue de Panama, raconte : « Il y a huit ans, c’est notre immeuble qui a pris feu. Pas étonnant, vu l’état dans lequel il était ! Ici, c’est sûrement la même chose. ».

Solidaire, le jeune homme de vingt-deux ans se dirige vers Emile Jean pour lui proposer de contacter les assurances à sa place. Au passage, il demande : « Et Mam, où elle est ? ». Justement, le quinquagénaire s’apprête à rejoindre sa femme à l’hôpital. Il s’engouffre dans la voiture d’un ami venu l’accompagner. Emile Jean porte les seuls vêtements qu’il a pu sauver : sur son t-shirt militaire sur lequel on peut lire « J’avance » en grandes lettres blanches. L’état d’esprit qu’il lui faudra conserver durant les semaines à suivre.

Publié par melissa

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