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Italie : après les paillettes, place à l’austérité.

14 Novembre 2011

Mario Monti, successeur de Silvio Berlusconi nommé par le président italien Giorgio Napolitano. © Reuters Stefano Rellandini
Changement de cap en Italie. Dimanche 13 novembre, sur le point de former son gouvernement, le nouveau président du conseil italien Mario Ponti a adressé son premier message au peuple, se déclarant être prêt à « vaincre la crise de la dette » par un « effort collectif ».

” L’Italie peut vaincre la crise “, telle est la conviction de Mario Monti. A condition de se serrer la ceinture. Alors que son pays croule sous une dette de 1 900 milliards d’euros, le message du successeur de Berlusconi s’est voulu ferme et rassurant à la veille de l’ouverture des marchés boursiers. “Le pays doit devenir un maillon fort et non un maillon faible de l’Union Européenne dont nous avons été parmi les fondateurs”, a-t-il lancé. Fort de son expérience au Parlement Européen, cet économiste respecté aura la tâche délicate de redonner crédibilité et sérieux à une Italie enfouie depuis 17 ans sous les paillettes de l’ère Berlusconi.

De son côté, bien qu’ayant remis sa démission samedi, Il Cavaliere ne semble pas pour autant vouloir prendre sa retraite politique. Il s’est déclaré “prêt pour donner immédiatement au pays un gouvernement au profil technique” avant d’ajouter qu’il “redoublerait son engagement au Parlement et dans les institutions pour rénover l’Italie”. Alors que toute la communauté européenne salue la discrétion de Monti, son prédécesseur n’a pas pu résister au charme d’une sortie grandiloquente, affirmant haut et fort : “Je ne me rendrai pas tant que je n’aurai pas rénové l’architecture de l’Etat”. Malgré ses intentions de rebondir, cette fois-ci la maison Berlusconi aura cependant du mal à se relever.

Dans les prochains jours, le nouveau gouvernement devrait se composer essentiellement de technocrates, ” avec un sens de l’urgence mais avec soin “, ainsi que Monti l’a affirmé dimanche lors d’une brève intervention devant la presse. Même si celui que l’on surnomme ” Super Mario ” semble déjà avoir gagné la confiance de ses partenaires européens, des poches d’opposition perdurent dans le pays : la Ligue-du-Nord, ancienne alliée de Silvio Berlusconi, ainsi que le PDL (Peuple de la Liberté, le parti du Cavalieri) dont les adhérents regrettent la nomination de Mario Monti à la tête du gouvernement. L’unité nationale, nécessaire au relèvement économique du pays, semble encore difficile à atteindre.

Publié par Pauline Pouzankov

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