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Italie : Monti ne rime pas avec Berlusconi

14 Novembre 2011

Mario Monti, le nouveau premier ministre italien, dimanche lors d'une conférence de presse à Rome. DR
A 68 ans, l’économiste pro-européen Mario Monti vient d’être désigné à la tête du gouvernement italien. Il a été choisi pour mettre un terme à l’ère Berlusconi et assurer la stabilisation de la troisième puissance économique européenne.

Austère et posé, Mario Monti, le nouveau chef du gouvernement italien, est l’homme qui a rassuré les marchés internationaux avant l’ouverture des bourses lundi matin. L’investiture de cet amateur de vélo qui se reconnaît comme « pas très sociable », a provoqué une rupture historique : « la fin d’une époque », titraient même les journaux italiens. Discret, aux antipodes de son prédécesseur Silvio Berlusconi, cet économiste à la réputation de fer, marié et père de deux enfants, semble être l’homme du moment pour l’Italie.

Fermeté et indépendance

Ses galons, il les a gagnés en tant que commissaire européen de 1994 à 2004. Surnommé le « Cardinal » à Bruxelles, il est reconnu pour ses compétences et son indépendance. Un portrait que valide la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde. « C’est un homme de grande qualité avec lequel j’ai toujours eu un dialogue fructueux et extrêmement chaleureux », a-t-elle déclaré récemment. S’il n’est relié à aucun parti politique et n’a pas d’expérience gouvernementale, Mario Monti pourra compter sur d’autres atouts et notamment sur un parcours impressionnant.

Né en Lombardie en 1943, il est diplômé en économie et management de l’université Bocconi à Milan. C’est au côté de James Tobin, prix Nobel d’économie et inventeur de la taxe qui porte son nom sur les transactions financières, qu’il complète sa formation. Alors qu’il était commissaire européen à la concurrence, il s’est battu avec fermeté pour faire condamner Microsoft à une amende record pour abus de position dominante. Une bataille historique qu’il a remportée avec Romano Prodi, ancien président du Conseil italien. Son refus de céder à la pression des lobbies et ses qualités de diplomate ont fait de lui un économiste respecté. « Avec des mots polis, il vous envoie au bûcher de l’inquisition s’il estime que cela est juste », raconte l’un de ses proches.

Un homme de réseau

Mario Monti est par ailleurs conseiller international à la banque d’affaires Goldman Sachs. Il est aussi président honoraire de Bruegel, un laboratoire d’idées composé d’experts qu’il a mis en place en 2005 et qui regroupe vingt-six firmes mondiales. « C’est un homme de réseau. Il est membre de tous ces cercles fermés de la planète où de puissantes élites se rencontrent », explique l’analyste Paul Taylor.
Il y a quelques années, The Economist l’avait présenté comme l’un des plus puissants bureaucrates européens, un jugement qui semble se confirmer aujourd’hui. De ses compétences on ne doute plus, mais suffiront elles pour accomplir sa prochaine mission ? Composer entre une dette colossale, la tutelle du FMI et les obligations européennes.

 

Publié par Florian Mora

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