Economie

[INTERACTIF] Combien coûte la cybercriminalité en France ?

11 Juin 2014

Crédit : Flickr/Defence Image
Un rapport du 9 juin 2014 a mesuré les dépenses mondiales liées à la cybercriminalité. Sont compris les frais de protection des réseaux, ou le manque à gagner sur le droit de propriété intellectuelle.

445 milliards de dollars. C'est le montant avancé, dans la seconde étude du Center for Strategic and International Studies (CSIS) et MacAffe, quand on traite du poids de la cybercriminalité sur l'économie mondiale.

S'il n'existe à priori pas de chiffres officiels pour la France, « il est possible de chiffrer les pertes entre 300 et 400 millions d'euros », d'après Jean-Paul Pinte. Docteur en information scientifique et technique, mais également cybercriminologue, il estime que les coûts ne peuvent qu'augmenter, à terme. « Internet, connaît une croissance indéniable. Les évolutions du web vont mener vers de nouvelles pratiques cybercriminelles, voire engendrer une certaine forme de redondance qui permettra de contourner les protections mises en place au fur et à mesure. »


Des chiffres inquiétants

Des chiffres inquiétants, particulièrement quand on sait que les 445 milliards de dollars représente une moyenne de l'ensemble des estimations. Les plus hautes montent jusqu'à 575 milliards tandis que les plus basses trônent tout de même à 375 milliards. « Ce qui est plus élevé que le revenu national d'un grand nombre de pays dans le monde », précise le rapport de l'étude. Cependant ils restent, aux yeux de Jean-Paul Pinte, assez peu représentatifs et basés sur des critères qui ne sont pas les plus pertinents, puisque très partiels. « Il est capital de prendre du recul vis-à-vis de cette étude.

La cybercriminalité est complexe à comprendre, et les attaques d'apparence indolores »
, juge le maître de conférence à l'Université Catholique de Lille. En effet, les cyberattaques sont susceptibles de venir de partout, ce qui les rend difficiles à tracer. Et si on apprend dans l'étude du CSIS que près de 15% de la population américaine a déjà été victime d'un de ces assauts virtuels, il faut aussi savoir que les attaques sont très rarement déclarées par les entreprises.

A tel point qu'en 2013, le gouvernement français a fait voter un dispositif visant à renforcer les obligations en matière de sécurité des « opérateurs d'importance vitale ». Dans le cadre de la loi de programmation militaire (LPM), il s'agissait de protéger les entreprises d'une indisponibilité, laquelle s’avérerait dangereuse pour le potentiel de guerre économique français. « Il m'apparaît indispensable de contraindre les entreprises à déclarer les cyberattaques dont elles sont victimes. On pourrait même envisager une déclaration automatisée. » C'est, selon lui, la seule façon d'accéder à des chiffres crédibles et sérieux. « Dans l'immédiat, chiffrer quoi que ce soit est très compliqué. C'est un peu comme vouloir quantifier l'économie souterraine. »

Même avec de telles mesures, il pourrait néanmoins s'avérer compliqué de démasquer une opération pirate. Certaines des entreprises parmi les mieux sécurisées, comme Orange pour ne citer qu'elle, ont fait face à des attaques qu'il leur a été impossible d'éviter. On se souvient des deux vols massifs de données qui se sont succédées en février puis en avril.

En bonus, voici quelques conseils de Jean-Paul Pinte pour se protéger au mieux des cyberattaques, à titre individuel (passez la souris sur l'écran) :


Publié par Vincent Nahan

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