Economie

« Je vis dans un bureau »

18 Juin 2015

Crise du logement oblige, les loyers sont parfois trop chers et inaccessibles. Face au problème, l’entreprise Camelot Europe a trouvé une solution permettant d’allier l’aide au logement temporaire et le gardiennage d’immeubles non loués.

Sur cet immeuble à deux pas de la place Vendôme à Paris, des affichettes sur la façade indiquent « Protection par occupation ». Entre boutiques de luxe, restaurants étoilés et bijouteries de haute joaillerie, des locaux vides en attente de travaux qu’une une vingtaine de personnes occupent légalement. Ils y logent dans des bureaux d’environ 24m2.

Un mode de vie assez surprenant qui ne déplait pas à certains. C’est le cas d’Ophélie. « Avoir un logement de 24m2 pour 201€ à Paris, ça n’existe pas ! En plus, l’immeuble est très bien situé. Lorsque l’on rentre le soir, il y a toujours quelqu’un et en même temps, c’est suffisamment grand si l’on souhaite s’isoler un peu ». Le prix du loyer intrigue : ces locataires ne payent que 201 euros par mois, si peu pour un espace assez spacieux. Mais partagé. Un loyer de ce prix là aujourd’hui dans la capitale défie toute concurrence.

Mais cette solution anodine n’est pas sans inconvénient. La durée de location des bureaux pour les particuliers dépend de potentielles nouvelles sociétés locataires. Du jour au lendemain, les habitants peuvent être amenés à chercher un autre logement. Le temps de préavis est aussi relativement court : un mois non négociable pour plier bagage. Une contrainte qui n’effraie nullement les concernés. « Si je dois partir, au pire, je retourne chez mes parents. C’est déjà mieux que rien. Pouvoir vivre ici c’est déjà bien, même si ce n’est que pour trois mois », explique Amandine, une jeune étudiante de 19 ans en biologie. Les associations contre le mal logement ont pris en grippe ce système. Elles accusent la société de proposer des conditions de vie non sécuritaires dans le temps à des personnes dans le besoin.

Derrière la mission première de Camelot Europe, un tout autre service. « Un immeuble vide génère des risques et des coûts. Le simple fait d’y maintenir une activité humaine a un effet dissuasif sur l’ensemble des risques et des coups générés par l’immobilier vacant, explique Olivier Berbudeau, directeur du développement de l’entreprise. Ce sont généralement pour nous des immeubles qui sont sur le marché en attente de location, en cours de vente, en attente de démolition. On préfère les laisser occupés pour leur donner une seconde vie. »

Quelles conditions d’admissions pour la société Camelot Europe ? Sont privilégiés les potentiels locataires qui vivent seuls : les familles sont interdites et les couples à peine tolérés dans certains logements doubles. Les animaux de compagnie ne sont pas autorisés. Les candidats doivent être européen ou être en possession d’un titre de séjour valide. Des revenus réguliers doivent être garantis.

 

Publié par Laurie PLANES

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