Economie

« En 1981, la gauche a mis un an pour nous décevoir, en 1988, un mois et en 2012, un jour »

30 Janvier 2013

Laurent Ziegelmeyer, ancien salarié de Sanofi et militant au Front de Gauche
Les manifestations de lutte contre les licenciements se multiplient, dénonçant l’inactivité du gouvernement sur la question. Rencontre avec Laurent Ziegelmeyer, ancien salarié de Sanofi et militant au Front de Gauche, à l’origine d’un meeting contre les licenciements boursiers à Science–Po le 24 janvier dernier.

Aujourd’hui, mardi 29 janvier, vous êtes des centaines à manifester aux Invalides contre les licenciements dans les entreprises qui font des profits.Qu’attendez-vous de ce rassemblement ?

Laurent Ziegelmeyer : «C’est une première étape. Soit on lutte chacun de notre coté, soit on se rassemble. Nous devons interpeller le gouvernement et le forcer à prendre ses responsabilités.  Les politiques restent les bras ballants alors que des milliers de salariés perdent leur emploi dans des entreprises qui font des profits. C’est injuste de devoir lutter sans aucune aide des socialistes».

Pensez-vous que cette manifestation sera suffisante pour éveiller les consciences ?

«Non pas suffisante, mais nous allons militer et faire en sorte que nos voix soient entendues. Tout le monde est concerné, vous comme moi. Personne n’est épargné, nous vivons dans un monde où le capitalisme règne et où le travail n’est plus apprécié à sa juste valeur. C’est humiliant pour nous tous qui ne demandons qu’à  le faire honnêtement.»

Etes-vous déçu par François Hollande ?

«En 81 la gauche a mis un an pour nous décevoir, en 88, un mois et en 2012, un jour. Nous n’attendions pas grand chose d’eux de toute façon, tout ce que nous voulions c’était que Sarkozy dégage. Pour des socialistes qui prônent le dialogue social, on peut dire qu’ils font mal leur boulot.»

La direction de PSA veut faire passer les manifestants pour des violents, qu’en pensez-vous ?

«C’est une vieille stratégie patronale bien classique. C’est une méthode d’intimidation mais nous ne sommes pas dupes, nous sommes bien plus forts que cela. Regardez autour de vous, il n’y a rien de violent, simplement des salariés qui sont obligés de crier haut et fort leur indignation.»

Pensez-vous que votre lutte est assez médiatisée et que les journalistes véhiculent bien votre message ?

«Les journalistes sont là pour les images. Les manifs c’est vendeur ! Mais non, notre message n’est pas assez médiatisé, en tout cas pas bien médiatisé. Quand on pense que Sanofi fait 9 milliards de profits, reçoit 130 millions de crédits d’impôt recherche de l’Etat et supprime pourtant des milliers d’emplois, il y a un problème. Un problème qui n’est pas assez soulevé par des journalistes qui font mal leur travail.»


Propos recueillis par Allison Mac Taggart


                                     

Publié par Allison Mac Taggart

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