Economie

PSA: « Nous, notre seule richesse, c’est notre boulot »

15 Novembre 2011

Le groupe PSA taille sévèrement dans ses effectifs. @JG
Plus de 500 personnes se sont réunies mardi devant le siège social parisien de PSA Peugeot Citroën ou un comité central d'entreprise extraordinaire devait annoncer un plan d'économies : 5 000 postes devraient être supprimés en France dont plus de 2000 pour le secteur de la recherche et du développement.

« Tous ensemble, tous ensemble ouais ! », s’époumone Bruno Lemerle, délégué syndical PSA à la fin de son discours face aux manifestants. Il passe le micro à son « camarade ». Les gilets de couleur rose, orange, blanche ou rouge se mélangent dans la foule. CGT, CFDT, Union syndicale, SIA GSEA, tous les syndicats sont solidaires car tous les corps de métiers sont concernés par les suppressions de postes. « Ils s’attaquent maintenant aux postes de techniciens, d’ingénieurs en confiant la recherche et le développement à Sao Paulo et Shangaï » déplore Bruno Lemerle. « A Sochaux, le site Recherche et Développement pourrait subir 1.000 suppressions de postes ».

Avec les premiers chiffres qui commencent à tomber, l’incompréhension, voire plutôt la haine envers la direction, commence à ressortir « L’entreprise a largement les moyens de garder les emplois en France, les actionnaires, les patrons s’en mettent plein les poches. Nous, notre seule richesse, c’est notre boulot, pour nourrir notre famille » s’exclame José en faisant semblant d’arracher l’écusson du lion sur sa tenue de travail.

Tous solidaires

Juste derrière lui, Alain, autocollant « non au licenciements » collé sur la tête, fait une leçon de morale au téléphone à Bachir, un de ses collègues, resté chez lui. « Je t’avais dit de venir, c’est ici que ça se passe ! Là haut en réunion ça chauffe, il va y avoir des licenciements secs ». Il raccroche et justifie son éclat de colère « Moi je m’en fous, j’ai quasiment soixante balais, je suis là pour les jeunes. Il faut qu’ils se mobilisent pour leur avenir ».

« Licenciement secs », ou « départ volontaire », la nuance théorique des termes est bien mince pour ceux qui subissent concrètement les conséquences. Adil au chômage depuis la fermeture du site PSA de Melun est venu soutenir ses anciens collègues : «Les départs volontaires n’en ont que le nom ! On nous martèle tous les jours qu’il n’y plus d’espoir dans l’usine. On nous dit prend cette enveloppe et pars ! Alors on craque, et trois mois après, on va pointer au pôle emploi ».

«Le combat n’est pas terminé»

La solidarité entre les différents sites de PSA est affichée. La possible fermeture du site d’Aulnay (93) suscite de vives inquiétudes. Jean-Pierre Mercier, délégué syndical PSA, sort du bâtiment, visiblement loin d’être satisfait. « Ils le nient mais on est convaincu que les dirigeants de PSA ont programmé la fermeture de l’usine d’Aulnay. Avec ce qui s’est passé à Melun, on a mille fois raison de demander des garanties écrites ».

Le trottoir se vide. La foule, massée en grande partie sur la bouche d’aération du métro soufflant de l’air chaud, se dirige vers les autocars. Les derniers mots scandés au micro accompagnent le déplacement. « C’est fini pour aujourd’hui, on retourne à l’usine, et surtout on raconte aux autres ce qu’il s’est passé ! Le combat n’est pas terminé. Ce conflit peut devenir le symbole de la lutte ouvrière en France ». 800 millions d’euros veulent être économisés par le groupe PSA en 2012.

Publié par Julien Guignard

Partager cet article