Economie

Sommet européen : un accord aux forceps

09 Décembre 2011

Nicolas Sarkozy, vendredi matin à Bruxelles.
Un accord à 23 et pas à 27 sur le pacte budgétaire. Alors que le duo “Merkozy" mène la danse, quatre états n’ont pas souhaité signer le pacte. Les états membres sont réunis depuis jeudi à Bruxelles. Un arrangement à l'issue d'une longue nuit de négociations.

«Nous aurions préféré un accord à 27, cela n’a pas été possible compte tenu de la position de nos amis britanniques», déclare vendredi au petit matin Nicolas Sarkozy. Après une nuit d’intenses pourparlers, 23 états sont parvenus à un accord sur leur discipline budgétaire reposant sur un contrôle plus strict des budgets nationaux. La République Tchèque, la Suède et la Hongrie n’ont pas signé l’accord, préférant d’abord consulter leur Parlement respectif. La Grande-Bretagne estime, elle, que ses intérêts n’étaient pas respectés. Poussé par un parti conservateur exaspéré par l’Europe, David Cameron est notamment opposé à la taxe sur les transactions financières si chère à Paris et à Berlin.
Ce nouveau traité stipule que les pays dont les déficits seront supérieurs à 3% de leur PIB seront visés par des sanctions automatiques qui ne pourront être bloquées qu’à la majorité qualifiée des pays. Les Etats de la zone euro se sont également mis d’accord pour renflouer le FMI à hauteur de 200 milliards d’euros afin qu’il puisse prêter aux pays européens en difficulté. Enfin, le fond européen de stabilité financière (FESF) - fond de créance de 500 milliards d’euros destinés à apporter une assistance aux pays membre - sera confié à la banque centrale européenne (BCE). De même pour le futur mécanisme européen de sûreté (MES) - sorte de FMI européen - qui sera épaulé par la BCE.

La peur du gendarme

Des décisions prises pour un enjeu de taille. L’agence de notation Standard & Poor’s menace d’ici à trois mois le sacro-saint triple A pour six pays détenteurs en Europe (France, Allemagne, Pays-Bas, Luxembourg, Finlande et Autriche). Un abaissement plus général est aussi prévu pour 15 des 17 pays de la zone euro si des décisions sérieuses n’étaient pas prises. Une révision des notes de tous les états membres est aussi à prévoir.

Draghi et la BCE à l’ombre

«Si vendredi, nous n’avons pas un accord, il n’y aura pas de seconde chance» déclarait Nicolas Sarkozy jeudi après-midi à Marseille au congrès des partis européens de droite. Mario Draghi, directeur de la BCE, annonçait jeudi après-midi qu’il ne comptait pas intervenir sur les marchés avec le FMI. Le résultat ne s’était pas fait attendre puisque à la clôture les principales bourses européennes étaient dans le rouge. Ce vendredi après-midi, les marchés semblaient bien accueillir cet accord proposé par les politiques du vieux continent. Une accalmie de courte durée ?

Publié par Riyad Cairat

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