Ile-de-France

Entretiens d’embauche à la « Speed-dating »

04 Octobre 2013

crédits Ann-Marie Kornek
Pour la 11ème fois, la Ville de Paris organise le forum Paris pour l’emploi le 3 et 4 octobre 2013 à la Place de la Concorde. Gratuit et sans inscription. Munis d’un CV, j’ai tenté ma chance.

En sortant du métro, une longue file d’attente. Depuis la rue de Rivoli, des masses de personnes coincées dans leur costume, cartable à la main. Ils attendent d’entrer dans une des énormes tentes blanches, installées au milieu de la Place de la Concorde.

Un tapis rouge indique le chemin vers l’entrée principale. Là, un homme récolte les CV de tous les participants du forum. A l’intérieur, le premier hall, entièrement consacré à l’emploi à l’étranger, n’attire pas les foules. L’ambiance change d’un coup à l’entrée du deuxième. Ici, les emplois à décrocher sont en France.

Des stands à de perte de vue : de l’agent commercial, en passant par l’immobilier jusqu’au tatoueur. Mais aussi des mairies, des sociétés d’intérim et des glaciers. Ça bloque dans les couloirs. Je cible l’hôtellerie. Premier arrêt : le stand d’une grande chaîne hôtelière de luxe. Deux femmes dans la quarantaine, en rose et en noir, sont assises à des tables. Les entretiens d’embauche fonctionnent du même principe que le « speed-dating ». On s’assoit, on passe un entretien d’embauche et on recommence à une autre table.

Environ 50 000 personnes ont trouvé un travail lors des forums précédents

Je n’ai pas assez préparé mes rendez-vous. J’improvise tant bien que mal et j’arrive à convaincre ma première interlocutrice avec mes expériences professionnelles dans le domaine de l’hôtellerie. Elle me donne son adresse mail personnelle pour que je lui envoie directement mon CV. Elle me propose un poste en chef de réception.

En quittant le stand, je me rends compte que juste derrière la cloison se trouve déjà une autre chaîne hôtelière low-cost. La tente est désormais pleine à craquer. Il devient de plus en plus difficile de se déplacer. Il devient de plus en plus chaud. Ma nouvelle interlocutrice, une jeune fille aux grands yeux bleus et avec une queue de cheval stricte m’observe avec un air méfiant. Contrairement à mon entretien précédent, mon expérience impressionne moins ici. D’après la chargée des Ressources Humaines, « il faut que je fasse d’abord mes épreuves. »

Ma chasse à l’emploi continue. Nouveau stand : un groupe hôtelier autrichien. Je tente ma chance et mise tout sur mon allemand. La discrétion n’est pas vraiment à l’ordre du jour. Je peux lire les CV de mes « concurrents » par dessus leurs épaules. Un ingénieur anglais tente sa chance comme réceptionniste. Lors de mon entretien, la responsable des Ressources Humaines prend mes cordonnées et me demande de lui envoyer mon CV. A côté de mon nom, elle met deux croix qu’elle encercle. C’est un bon signe.

La chaleur est devenue insupportable. En quittant la tente, je passe à côté d’un petit stand qui cherche des personnes polyglottes : allemand, italien et espagnol. Sans savoir de quoi il s’agit, je postule spontanément. « Nous sommes désespérément à la recherche de personnes parlant allemand ! Vous pouvez commencer quand ? » La directrice des Ressources Humaines de cette société de recyclage est cash. Je ne m’attendais à déclencher un tel enthousiasme chez elle. Je lui demande de m’accorder du temps pour réfléchir.

Une heure m’a suffit pour décrocher 3 espoirs d’embauche. A peine sortie, je jette un dernier coup d’œil vers l’entrée. L’accès a été bloqué, la tente est pleine. Le forum est déjà un succès. Pour moi et pour les organisateurs.

Publié par Ann-Marie Kornek

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