Ile-de-France

La piscine Hip-Hop fait un plat

17 Juin 2015

Ce mardi 16 juin, des centaines de Parisiens ont investi le toit de la Cité de la Mode et du Design, dans le treizième arrondissement de Paris, pour la soirée « La Piscine Hip-Hop ». Au programme, pas de piscine, et une ambiance hip-hop en dents de scie.

« Pour le hip-hop ça va, mais je ne vois pas la piscine ! » plaisante Mickael avec ses amis de la fac. Ils sont nombreux à avoir pensé la même chose que le jeune homme hier soir au club le Nüba. Des palmiers, des fruits, 16 000 participants inscrits, le tout sur une terrasse surplombant la Seine, la page de l’évènement Facebook de « La Piscine Hip-Hop » était pour le moins alléchante. Si la soirée fut agréable, les promesses d’évasion n’ont pas été tenues.

Une ambiance hip-hop en dents de scie

Dès 18 heurs, des dizaines de Parisiens attendent l’ouverture des portes. Dans la file d’attente, Vincent dit avoir amené son maillot de bain « pour se rafraîchir dans la piscine ». Casquette et lunettes de soleil de rigueur pour une population moins guindée qu’au Wanderlust, le club voisin. Une foule conséquente prête à décompresser dans un cadre exceptionnel. Mais Carlito, le responsable de la sécurité, ramène vite tout le monde sur terre : « Ceux qui ont un mauvais esprit, ou ceux qui ne peuvent justifier de leur identité, vous pouvez faire demi tour», lance-t-il. «La sécurité est omniprésente car beaucoup de gens ne savent s’amuser sans se battre », glisse-t-il.

La terrasse se situe sur le toit de la Cité de la Mode et du Design qui fait face à la gare de Lyon. Pour y accéder, les escaliers à flanc de bâtiment donnent l’impression de s’élever au dessus de la Seine, de surplomber Paris. L’ambiance est bon enfant, le cadre, magnifique, les gens s’assoient à même le sol pour profiter du généreux soleil de cette fin de printemps. Des graffeurs vendent des dessins qu’ils réalisent sur place. Détail qui a son importance : l’évènement n’a de piscine que dans son intitulé. Globalement, l’ambiance farniente promise relève de la publicité mensongère et Mickaël ne s’y trompe pas : « même si je ne suis pas venu pour me baigner, je cherche toujours la piscine et les bouées ».

Incompatibilité entre ambiance et lieu

Vers 20 heures, le vent se lève à mesure que le soleil se couche, et les personnes assises sont priées de se rapprocher des bars et de la scène. Depuis une heure, des chansons de rap old school s’enchaînent, des Beastie Boys à Notorious Big en passant par Dr Dre. Deux chanteurs et un beatboxer arrivent vers 21 heures alors que la foule devient de plus en plus compacte. Le spectacle ressemble plus à fête quartier improvisée, avec des reprises de Stromae ou encore Beyoncé. Jeanne, amatrice de rap de 23 ans se pose la question, « Beyoncé, c’est pas très Hip-Hop, si ? ». Dehors pourtant, la file d’attente gonfle et ce sont maintenant des centaines de personnes qui patientent au pied des escaliers. Parmi eux, il y aura sûrement des déçus. La volonté d’imprimer une ambiance street est là mais le Nüba demeure un endroit branché parisien. Si des DJ ramèneront un son plus funk et rap au coeur de la nuit, pour Jeanne « un contraste persiste entre l’ambiance et le lieu ».

Publié par SimonStephan

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