Ile-de-France

Paris. Sur la rive gauche, la Seine aux piétons

29 Janvier 2013

Lundi 28 janvier, les travaux ont débutés sur la rive gauche de la Seine. La voie est désormais seulement accessible aux piétons.
Au premier jour de fermeture aux voitures de la voie sur berges, sur la rive gauche parisienne, entre le Pont de l'Alma et le Pont Royal, pas d'embouteillages en vue. L'endroit deviendra après travaux une zone piétonne où les Parisiens pourront se promener et trouver divers commerces. Pour ou contre, les avis sont partagés.

Paris, 28 janvier 2013, à 17 heures. L’accès est bel et bien condamné pour les automobilistes et les piétons, mais aucune trace des bouchons annoncés par la presse et les opposants au projet. Le trafic est fluide. Du sable en abondance et les barrières vertes et grises bordent la Seine derrière le pont de l’Alma, quelques ouvriers ont commencé le travail. Un cycliste, qui s’est un peu trop approché, est gentiment renvoyé vers le haut de la rive. “Je me promène rarement par là, mais par curiosité j’ai sauté sur mon vélo et je suis venu voir le décor”, explique-t-il.
Quelques Parisiens se sentent vraiment concernés par ce plan de réhabilitation. Les avis sont partagés. “Il y aura encore plus de touristes ici, comme si il n’y en avait pas assez”, s’énerve ainsi un riverain. Certains ont peur des bouchons, “même si aujourd’hui le trafic est fluide sur la rive il faudra s’attendre à des bouchons assez importants”, s’inquiète une femme qui monte dans sa voiture. Des Parisiens de passages ne semblent pas au courant et posent des questions. “Je viens de voir qu’il y a des travaux, qu’est ce qu’il va y avoir ?”, s’interroge un homme.
Deux chauffeurs de car de touristes prennent leur pause autour d’un café. Ils craignent “la Bérézina” sur la route de la tour Eiffel. “Il va falloir compter une heure pour arriver jusqu’à la tour Eiffel ! On ne veut pas faire le tour pour y aller.” Certains pensent néanmoins au bien que cela pourrait faire à la capitale, l’air pure que le projet pourrait leur apporter et aux balades au bord de la Seine. “J’ai deux petits-enfants qui vivent en province, je pourrai les emmener se promener à cet endroit, ce sera plus agréable que de marcher sur les Champs Elysées avec le bruit des voitures et la pollution !”
Le temps passe, et toujours aucun embouteillage en vue. Les voitures circulent tranquillement au dessus de la Seine. “Regardez, absolument aucun embouteillage !”. Quelques Parisiens semblent apprécient le nouveau projet. “A Paris, on est en retard, à Londres, Amsterdam, et dans quelques villes en Allemagne, il y a déjà des rues comme ça où on n’a pas l’impression d’être dans un grand milieu urbain !”, estime un homme assis sur un banc qui soutient le projet.

  • Êtes-vous pour le projet ?





    "Un aspect plus attirant aux quais de Seine"


    Anissa, 27 ans, caissière aux Bateaux-Mouches. Oui. "Je pense que ce projet va donner un aspect plus attirant aux quais de Seine. C'est toujours sympa de s'y balader, et ça sera encore plus agréable après ces travaux. Comme nous sommes situés en face de la berge, nous aurons plus de visibilité et donc peut-être un peu plus de clientèle qui se laissera tenter par un tour de bateau sur la Seine".



    "Ça va être le bordel !"


    Etienne, 36 ans, riverain proche du Pont de l'Alma. Non. "Ça va être le bordel ! Une grande partie des Parisiens utilisent leur voiture, et j'en fais partie, et en ont déjà ras-le-bol des embouteillages incessants. Certes, des commerces vont être créés et ça sera sûrement un peu plus beau qu'une vulgaire route, mais je reste fermement opposé à ce projet car il y aura beaucoup moins de calme, notamment à cause des touristes. Je préfère encore le son des pots d'échappements que des cris à longueur de journées et des gens alcoolisés la nuit".



    "Paris a besoin de respirer et d'avoir des endroits verts"


    Dominique, 49 ans, fonctionnaire de police. Oui. "Ca ne me gêne pas ! Au contraire, Paris a besoin de respirer et d'avoir des endroits "verts". Je ne suis pas concerné par ces problèmes de trafic, je n'utilise pas ma voiture pour venir à Paris. Je comprends les automobilistes en colère, mais nous avons un réseau de transports en commun très développé qu'il faut utiliser ! Et puis cela me permettra d'emmener mes enfants visiter les berges !".


    L'UMP critique


    Dans un communiqué publié lundi, le groupe UMP du Conseil de Pais a dénoncé le projet en invoquant des "embouteillages dantesques, du bruit et de la pollution qui auront tôt fait de gâcher le plaisir de quelques promeneurs et de nuire un peu plus à l'attractivité de la capitale". Début 2012, François Fillon, alors Premier Ministre, opposait son véto sur le projet de "piétonnisation" des berges rive gauche. Bertrand Delanoë n'avait d'autre choix que de reporter la proposition au printemps 2012, après les élections présidentielles. Finalement autorisé par Jean-Marc Ayrault depuis l'arrivée de François Hollande à la tête du pays, le projet a pour ambition de remplacer le goudron par un espace de plus de 4 hectares consacrés à la nature, au sport et à la culture.


    Repères



    - Depuis 2001, le trafic routier a baissé de 25% dans Paris intra-muros. La Mairie de Paris espère encore baisser ce taux de 10% d'ici à 2018.

    - Jusqu'à 2 000 automobilistes par heure utilisent, à partir de lundi 28 janvier, la partie haute de la rive gauche des quais de Seine.

    - La ville de Paris a investi 40 millions d'euros dans ce projet.


    Arthur Ficheux et Alexis Lalemant

Publié par AlexisL

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