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Syrie : 100 morts au cours des affrontements lundi

07 Février 2012

Des rebelles sur leur camoin.
Les combats meurtriers qui se déroulent à Homs s'amplifient. Alors que la situation empire en Syrie, la voie diplomatique reste bloquée.

Les bombardements sur Homs et ses environs (à l’ouest du pays), sur Alep (nord) et Idleb (nord-ouest) ont provoqué le mort d’une centaine de personnes lundi 6 février. Le Conseil National Syrien (CNS), principale force d’opposition, a affirmé que 260 civils avaient péri dans la nuit de vendredi à samedi à Khalidyeh, quartier nord de Homs. Le ministère de l’intérieur de Damas à indiqué que « les groupes terroristes à Homs ont perpétré des crimes odieux» et que «les autorités ont fait preuve de la plus possible retenue»... Depuis le début des violences, en mars 2011 à Damas, on comptabilise plus de 6 000 morts en Syrie.

Après 11 mois d’affrontements meurtriers, la diplomatie internationale n’a pas su s’accorder sur le règlement des violences en Syrie. Le plan de sortie de crise de la Ligue Arabe proposé le 22 janvier a inspiré la résolution étudiée au Conseil de Sécurité de l’ONU qui évoquait la remise du pouvoir à un vice-président en attendant la mise en place d’élections libres.

Mais la Chine et le Russie ont dit non. Les deux alliés historiques de Damas n’ont pas oublié la Libye et leur abstention au vote de l’ONU qui avait permis aux forces de l’OTAN de bombarder Syrte et de conduire à la chute de Mouammar Kadhafi. Les Frères Musulmans de Syrie ont accusé la Russie, la Chine ainsi que l’Iran d’être «complices des massacres» commis dans le pays, en fournissant au régime de Bacha al-Assad «soutien politique et armes».

«Quoi qu’on fournisse aux pays de la région, ça n’a aucun impact sur l’équilibre des forces au Proche-Orient», s’est défendu Sergueï Larvov, ministre des Affaires étrangères russes. Il rencontre aujourd’hui Assad dans le but de le convaincre de l’instauration de «réformes démocratiques indispensables», même si l’opposition réclame le départ du raïs. D’un point du vue géostratégique, la chute de Bachar al-Assad entraînerait pour la Russie la perte de ses positions sur place, et notamment d’une base militaire dans le port de Tartous qui lui permet de se projeter en Méditerranée. De ce fait, les Russes sont présents voire omniprésents sur le terrain : «face aux insurgés, Bachar n’avance pas sans un aval russe»,confie un homme en relation avec la hiérarchie sécuritaire de Damas, dans le Figaro.

Pour valider le texte au Conseil de Sécurité, la Russie voudrait que soit reconnue à part égale la responsabilité des opposants au régime et des forces armées syriennes dans les violences meurtrières. Pour les Occidentaux, un dirigent qui tire sur son peuple est coupable de crime contre l’humanité. «La Chine et la Russie, en opposant leur veto (...) sont responsables de la poursuite du bain de sang en Syrie», a déclaré un porte-parole du gouvernement allemand. Cependant le Kremlin refuse d’admettre que des milliers de morts soient un motif suffisant pour invoquer un changement de régime.

Publié par Lossa

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