International

Aïd : «Ma boucherie marche un peu comme un McDrive»

17 Octobre 2013

© Anaïs Paillet
À l’occasion de la fête de l’Aid 2013, le mouton est une nouvelle fois l’animal symbole que les fidèles musulmans vont déguster pour leur repas. Les abattoirs ont donc eu une grosse demande ces dernières 48 heures. Entretien avec Aaid, responsable d’un abattoir halal à Gennevilliers.

EFJ :  Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est l’Aïd et pourquoi l’offrande sacrificielle est-elle un mouton ?
Aaid : « Oh vous savez c’est la fête la plus importante pour tous les musulmans pratiquants ! Elle symbolise ce passage du courant où le prophète Ibrahim accepte la parole d’Allah et égorge son fils Ismaël. Mais au dernier moment, c’est un mouton qui prend la place d’Ismaël. C’est pour cela que tous les musulmans pratiquants mangent du mouton pour cette fête. »

Qu’en est-il alors de ce mythe de la tête de mouton, qu’il est par ailleurs impossible de trouver dans les boucheries halal ?
« C’est normal, les boucheries halal n’ont plus le droit de vendre de tête de mouton depuis l’affaire de la vache folle il y a une quinzaine d’années. En fait, la loi autorise l’achat de mouton de plus de six mois pour s’assurer qu’il n’est pas porteur du virus. Mais selon le Coran, il est interdit de tuer l’animal pendant ses six premiers mois. Donc il n’est plus possible d’acheter une tête de mouton ».

Peut-être cela se pratique-t-il encore ?
« Je sais que certaines boucheries halal en vendent encore parfois. Mais cela se fait avec discrétion. »

Travaillez-vous qu’avec des boucheries, autrement dit des professionnels de la viande ?
« Ah non pas du tout ! Moi je ne travaille que pour des particuliers ! »

Comment fonctionne votre entreprise ?
« Ça marche comme un Mc drive ! Les gens appellent pour passer une commande, le mouton est ensuite abattu selon le rituel coranique, et ils passent prendre la carcasse sans même descendre de la voiture. Mais les gens doivent venir chercher l’animal seulement après avoir fait la prière ! »

Votre activité est donc totalement officielle ?
« Ah oui complètement ! Moi je travaille avec l’accord de la préfecture des Hauts-de-Seine, donc tout est normal ! »

Votre activité ne repose pas que sur cette fête?
« Non bien sûr ! L’abattage halal est l’activité principale de l’entreprise, mais une fois par an, nous ne faisons que du mouton. D’autant qu’il n’y a pas assez d’abattoirs halal pour répondre à la demande, alors nous ne devons faire que ça au moment de l’Aïd ».

A quel chiffre évaluez-vous le nombre de bêtes tuées un jour comme aujourd’hui ?
Je ne sais pas, je pense que nous avons passés entre 500 et 800 moutons, rien que pour aujourd’hui.

Et vous alors, allez-vous en manger du mouton ? »
(Rires) « Oui ! Un petit peu si j’ai le temps parce qu’aujourd’hui il y a vraiment beaucoup de travail ! ».

Photo © Anaïs Paillet

Publié par François Lemaur

Partager cet article

  • International

    Tous les articles