International
Gbagbo face aux juges de la Cour pénale internationale
05 Décembre 2011
L'ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, comparaît ce lundi 5 décembre pour la première fois devant la Cour pénale internationale (CPI). Il est soupçonné de crimes contre l'humanité commis lors de la grave crise qui a suivi l'élection présidentielle de novembre 2010.
Laurent Gbagbo est le premier ancien chef d’Etat à se retrouver sur le banc des accusés de la cour de La Haye, aux Pays-Bas. Incarcéré depuis mercredi au centre de détention de la CPI, l’ex président ivoirien était détenu jusque-là à Korhogo, au nord de la Côte d’Ivoire. Il est accusé d’être le « coauteur indirect » de meurtres, viols, et persécutions commis par ses forces entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011. Son refus de céder le pouvoir à Alassanne Ouattara - pourtant vainqueur de l’élection présidentielle - avait plongé son pays dans une guerre civile qui a causé plus de 3 000 morts.
L’audience de lundi, qui a duré une trentaine de minutes, était essentiellement technique. Il s’agissait pour les juges d’exposer les charges portées contre Laurent Gbagbo et des droits que lui reconnaît le statut de Rome, traité fondateur de la Cour. La juge argentine Silvia Fernandez de Gurmendi a par ailleurs fixé au 18 juin 2012 la date d’une seconde audience dite de confirmation des charges, à l’issue de laquelle, les juges détermineront si les preuves collectées sont assez solides pour la tenue d’un procès.
« Une erreur judiciaire, une tromperie »
Le conseiller de l’ancien chef d’état, Alain Toussaint, a qualifié la procédure « d’erreur judiciaire et de tromperie », selon l’AFP. L’avocat de Laurent Gbagbo, Emmanuel Altit, a également annoncé que la défense s’appuiera sur « l’irrégularité de son arrestation et de son transfert à La Haye ». Laurent Gbagbo ne serait toutefois « pas le dernier » à devoir rendre des comptes. Le procureur Luis Moreno-Ocampo, qui enquête en Côte d’Ivoire pour la CPI, aurait mis en lumière que des attaques contre la population auraient aussi été commises par les partisans d’Alassane Ouattara. La cour inquiétera-t-elle le camp Ouattara au pouvoir ?
La Crise ivoirienne en huit dates :
• 28 novembre 2010 : Second tour de la présidentielle entre le président sortant Laurent Gbagbo et l'ex-Premier ministre Alassane Ouattara.
• 2 décembre 2010 : La Commission électorale indépendante annonce la victoire de Ouattara (54,1%), résultat rejeté par Gbagbo.
• 3 décembre 2010 : Gbagbo est proclamé vainqueur (51,45%) par le Conseil constitutionnel. Le secrétaire général de l'ONU reconnaît la victoire de Ouattara.
• 4 décembre 2010 : Gbagbo s'investit chef de l'Etat. Ouattara prête serment.
• 29 mars 2011 : Les forces pro-Ouattara, parties de Bouaké dans le nord du pays, progressent vers le sud et la capitale économique Abidjan. La Force Licorne rassemble 1 650 militaires français à Abidjan.
• 11 avril 2011 : Le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo est arrêté par les forces d'Alassane Ouattara - avec l'appui de l'ONUCI et de la Force Licorne française - et conduit au Golf hôtel, quartier-général du camp Ouattara dans Abidjan.
• 30 novembre 2011 : Extradition vers La Haye (Pays-Bas).
• 5 décembre 2011 : Première comparution devant la CPI.
Publié par Arnaud Rey
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