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Irak : les djihadistes d’EIIL visent Bagdad

13 Juin 2014

Ahmad Aboud / AFP
Attentats, prises d’otages, combats, les rebelles de l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL) sont prêts à tout pour s’emparer de Bagdad. Retour sur la progression fulgurante, le long du Tigre, des combattants islamistes.

Ikrit est tombée, arrachée de force par l’EIIL. Située à 160 km au nord de Bagdad, cette prise est symbolique, car il s’agit du fief natale du président sunnite Saddam Hussein, renversé et exécuté en 2006. Après la prise de la ville, des insurgés auraient libéré environ trois cent détenus, selon un commandant de la police. Il se sont également emparé, dans le nord du pays, de la deuxième ville d’Irak, Mossoul, de sa province, Ninive, et de deux secteurs dans deux provinces proches. Ils ont en outre tenté, en vain, de prendre Samarra à une centaine de kilomètres de la capitale. En trois jours seulement, l’EIIL a conquis près de la moitié du territoire irakien.

Le porte parole des rebelles, Abou Mohammed Al-Adnani, a exhorté ses combattants à « marcher sur Bagdad », avant de critiquer le premier ministre, Nouri Al-Maliki, pour son « incompétence », dans un enregistrement sonore diffusé par le réseau américain de surveillance des sites islamistes, SITE. L’EIIL a prévenu qu’il « n’arrêtera pas la série d’invasions bénie ». Face à l’avancée des combattants djihadistes, soldats et policiers n’ont montré que très peu de résistance et ont abandonné leurs postes, selon des responsables irakiens. En effet, les troupes irakiennes, formées par les Etats-Unis à partir de zéro, n’ont jamais réussi à devenir une véritable force armée.

Appel à la solidarité internationale

Actuellement, les rebelles de l’EIIL sont à moins de cent kilomètres de la capitale, et ont déjà pris possession de Dhoulouiya à 90 km au nord, selon un colonel de police. Cette nouvelle offensive a obligé le Conseil de sécurité à se réunir ce jeudi 12 juin, et Washington à envisager des frappes aériennes. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, a lancé un appel à la solidarité internationale avec l’Irak et a réclamé la libération immédiate et sans conditions de la cinquantaine de citoyens turcs pris en otage au consulat de Mossoul. L’Irak a, de son côté, officieusement indiqué aux Etats Unis qu’il était ouvert à l’idée de frappes aériennes américaine afin d’enrayer l’offensive djihadistes qui a déjà fait fuir plus d’un demi million de civils. En conséquence, Washington « se tient prêt » à venir en aide à Bagdad face à « l’agression » de l’EIIL, mais en aucun cas les USA n’envisagent de renvoyer des troupes au sol en Irak. Impuissant et miné par des clivages confessionnels, le gouvernement irakien a appelé le Parlement, jeudi 12 juin, à décréter «l’état d’urgence ».

Publié par Allison Mac Taggart

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