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Le baiser amer de Sophie

16 Octobre 2013

La semaine dernière, un couple de lycéens au Maroc a été arrêté et mis en prison trois jours après avoir posté une photo de leur baiser sur facebook. Il y a six ans, Sophie a vécu la même situation. Lorsqu'elle voit son petit ami du moment, Mehdi, interpellé par les forces de l’ordre marocaines sur la plage des Sablettes à Mohammedia. Leur « crime » : un baiser échangé en public. Photo d'illustration © Anaïs Paillet

Sophie et Mehdi se rencontrent en 2007 à Mohammedia, une station balnéaire de la côte marocaine. Un soir, ils décident de partir s’allonger sur la plage des Sablettes. Il y a peu de monde, une intimité se crée. Ils échangent un baiser lascif. « On faisait toujours attention, mais il nous arrivait parfois de nous embrasser en public sans qu’il n’y ai aucune conséquence », se souvient-elle. La législation du Maroc interdit en effet toute démonstration affective en public.

Une présence se fait alors sentir au-dessus du couple. Ils lèvent la tête et voient un policier posté devant eux. Deux autres l’accompagnent, plus en retrait. « On comprend tout de suite le problème. L’homme demande à Mehdi s’il est français, il s’adresse uniquement à lui, ne me regarde même pas », explique encore Sophie née à Casablanca de parents Français. La conversation se poursuit en arabe. « J’interprète simplement qu’il lui demande ses papiers », ajoute la jeune femme qui a vécu plus de dix ans au Maroc. Ils l’emmènent au poste de police de la plage. « Mehdi me demande de le laisser gérer ». Sophie reste donc seule, assise sur sa serviette. « Eh oui, c’est ça le Maroc! », l’interpelle un groupe de jeunes.

Après une demi-heure, elle commence à s’inquiéter et se résout à le rejoindre. Mehdi vient de sortir après avoir contacté son oncle et versé un « bakchich » de 100 dirhams (10 euros). « J’étais surprise et choquée, lui était simplement énervé. Je ne comprenais pas, mais je ne pouvais que subir. À l’époque, personne ne se rebellait ». C’était il y a 6 ans. « Après ça, on est resté un an ensemble. Et puis, nos différences de cultures nous ont séparés ». Aujourd’hui, Sophie vit en France. Les faits restent les mêmes « seul le contexte a changé ».


         

Publié par Morgane Dumas

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