International
Washington demande le retrait de la candidature d’Abdoulaye Wade au Sénégal.
07 Février 2012
Alors que Washington a appelé, sans équivoque, au retrait pur et simple de sa candidature, Abdoulaye Wade est entré en campagne. La candidature du président sortant a été validée par le Conseil Constitutionnel au contraire de beaucoup d’autres, dont celle de Youssou N'Dour, devenu l’emblème de l’opposition regroupée au sein du Mouvement du 23 Juin (M23) qui menace de créer un « Conseil National de Transition ».
« La décision du président Wade de solliciter un troisième mandat pourrait mettre en péril la démocratie, le développement démocratique et la stabilité politique que le Sénégal a bâtis sur le continent, au cours des décennies », a déclaré le secrétaire d’Etat adjoint des Etats-Unis , William Burns. Paris, l’Union Européenne et Washington se sont prononcées en faveur « d’une nouvelle génération », mais Abdoulaye Wade n’en a que faire. Il est déjà entré dans la course.
Abdoulaye Wade a débuté sa campagne lundi 6 février, à Touba (ville au centre du pays), sur un terrain de football devant une foule chantant ses louanges et applaudissant ses mots. « Avec les jeunes et les femmes, nous allons vers l’émergence du pays », lançait le président sortant en terre conquise.
Contrairement à 2009 pour les élections locales, les paysans avaient plébiscité le parti au pourvoir. Les récoltes ayant été mauvaises et annonciatrices de périodes difficiles, ces problèmes d’accès à la nourriture pourraient jouer un grand rôle dans l’élection présidentielle…
La candidature d’Abdoulaye Wade ne laisse pas indifférente l’opposition qui compte l’empêcher de participer au scrutin. Les treize candidats de l’opposition se sont tous retrouvés pour contester la candidature qu’ils jugent illégitime lors d’un meeting, dimanche, place de l’Obélisque à Dakar. L’un d’eux, Cheick Tidiane Gadio a critiqué la candidature d’Abdoulaye Wade qui « s’entête à briguer un troisième mandat présidentiel ».
La Constitution sénégalaise, qui limite à deux mandats l’exercice de la fonction présidentielle aurait voulu que Wade ne se représente pas. D’où la polémique et la colère. Surtout que dans le même temps, plusieurs candidatures, dont celle du très populaire Youssoun N’Dour, ont été invalidées. En réaction, les opposants du M23 ont appelé à la création d’un « Conseil National de Transition », comme en Libye ou en Egypte, si Wade, à 85 ans, persistait dans la campagne. Le premier tour de la présidentielle se tiendra le 26 février. D’ici là, des turbulences au Sénégal sont à craindre.
Publié par Lossa
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