Politique

L’UMP très remontée lors du vote sur la loi Santé

15 Avril 2015

Séance publique à l'Assemblée Nationale (Richard Ying, Flickr CC)
Après des échanges, parfois houleux, la loi Santé de Marisol Touraine a finalement été adoptée à une large majorité mardi 14 avril. Le rapport polémique de la Cour des comptes sur l’accueil et l’hébergement des demandeurs d’asile a cependant ravivé les tensions entre les députés et les membres du gouvernement lors de la séance publique.

L’adoption de la loi Santé, mardi 14 avril, a été perturbée par les députés UMP, particulièrement remontés. Lors de cette séance publique destinée à entériner la loi Touraine, la droite a tenté à plusieurs reprises de perturber les débats et de déstabiliser le gouvernement en attaquant les futurs projets de loi de la majorité.

Bruno Le Maire et Xavier Bertrand ont tweeté depuis l’Hémicycle :

Plutôt que de se lancer dans des échanges sur la loi de Santé, qu’ils savaient sur le point d’être votée, l’UMP a préféré passer à l’offensive. La charge est intervenue dès le début de la séance avec la prise de parole de Guy Geoffroy, député de Seine-et-Marne. Le maire de Combs-la-Ville attaquera reproche au Premier ministre, Manuel Valls, de ne rien faire pour pallier le problème de l’accueil et de l’hébergement des demandeurs d’asile. «En politique, pour pouvoir en donner, il faut déjà avoir bien agi et je vais vous rappeler l’état (déplorable) dans lequel vous avez laissé le droit d’asile à la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy», lui répond Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur. Le décor est planté.

Quelques minutes plus tard, c’est la loi sur le Renseignement qui passe sur le grill. Sergio Coronado, député EELV de la deuxième circonscription des Français établis hors de France, demande des comptes à Manuel Valls, qu’il accuse de confondre sécurité et liberté fondamentale. La réponse de Manuel Valls est twittée par le Parti socialiste :

Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education Nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, est interpellée par Virginie Duby-Muller, députée UMP de Haute-Savoie et conseillère régionale de Rhône-Alpes, qui va littéralement perdre ses nerfs en énonçant les principales propositions de la ministre concernant la future réforme des collèges. Selon elle, «ces propositions survolent les problèmes contenus dans les programmes des collégiens Français». Elle trouve également que la ministre ne fait “strictement rien” pour préserver l’apprentissage des langues anciennes. Et de conclure son intervention par une phrase en latin (“L’erreur est humaine, persévérer [dans son erreur] est diabolique”), twittée par l’UMP :

«Je me réjouis d’entendre que vous partagez notre constat. Si vous me le permettez, je préfère allez au-delà des constats et agir», lui répond la ministre Najat Vallaud-Belkacem en français.

L’UMP décide d’utiliser sa dernière cartouche. Yves Albarello, député de Seine-et-Marne et maire de Claye-Souilly,s’attaque à la politique fiscale de Manuel Valls, en s’appuyant sur la colère des maires de France qui s’étaient rassemblés, quelques auparavant, au Parc floral de Paris, à Vincennes.

Ce n’est pas Manuel Valls mais Marylise Lebranchu, ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique, qui prend la parole mais évite soigneusement de répondre à la question :

La seconde moitié de séance est beaucoup plus calme. L’UMP a utilisé toutes ses munitions. C’est le moment du vote sur la loi de santé de Marisol Touraine, qui passe sans surpris par 311 voix pour et 241 voix contre. Le PS a résisté à la tempête et va pouvoir se diriger vers une autre bataille politique qui a commencé dès le lundi 13 avril : le projet de loi sur le Renseignement.

Clément Mora

Publié par Clément Mora

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