Politique
Présidentielle : Sarkozy dans les starting blocks
10 Février 2012
En attendant son annonce de candidature qui n’étonnera personne, dans un entretien au Figaro Magazine qui paraîtra samedi, Nicolas Sarkozy entend réaffirmer « les valeurs » d’un président de droite : travail, responsabilité, autorité.
Avec cette entrevue, le chef de l’Etat accélère le calendrier et les préparatifs de son entrée en campagne. Il présente aux Français sa vision de la société dans laquelle il propose de vivre sans détailler mille propositions. Sa déclaration officielle en tant que candidat à l’élection présidentielle surviendra à la télévision ou lors d’un grand meeting organisé par l’UMP, souffle t-on dans son entourage. Ce qui est sûr, c’est qu’elle ne devrait plus tarder « entre lundi et vendredi de la semaine prochaine», confie un de ses conseillers. Nicolas Sarkozy a compris qu’il ne pouvait plus attendre et qu’il n’était « plus très audible en tant que président ». Il espère un électrochoc dans les sondages où il est fortement distancé par François Hollande.
Pour son entrée en campagne, Nicolas Sarkozy se positionne clairement à droite dans cette interview du président «pas-encore-candidat» dans le Figaro Magazine. Il se dit contre le mariage gay et l’euthanasie. Il est loin le « candidat de la rupture » de 2007, en faveur de l’union civile des homosexuels et du droit de vote des étrangers aux élections locales… S’il est élu président, il propose de donner la parole aux Français à l’occasion de deux référendums sur deux questions portant sur les étrangers et les chômeurs.
Les demandeurs d’emploi peuvent-ils refuser une formation ou un emploi ? Voilà le type de question qui pourrait être posée… Nicolas Sarkozy souhaite contraindre les chômeurs à se former et renforcer les sanctions. «Passé un délai de quelques mois, toute personne au chômage sans perspective sérieuse de reprise d’emploi devra choisir une formation qualifiante ». À l’issue de celle-ci, il sera « tenu d’accepter la première offre d’emploi ». Sauf que ce système existe déjà dans le « projet personnalisé d’accès à l’emploi » qui forme le chômeur. De plus, en cas de refus de deux offres d’emploi raisonnable, le chômeur peut se voir sanctionné par la suppression de son allocation. Mais la France dénombre plus de 3 millions de chômeurs et Pôle Emploi peine à faire une proposition d’emploi à chacun. Il s’agit donc pour Nicolas Sarkozy de durcir sa politique qui s’inspire des Anglais et des Allemands.
S’agissant des étrangers, l’objectif est de faciliter leur expulsion en rendant la justice administrative seule juge. Mais cela requiert une modification de la Constitution. Le référendum envisagé toucherait aussi le droit de vote des étrangers pour les élections locales. Le choix de consulter les Français est une nouveauté pour Nicolas Sarkozy qui s’y était fortement et longtemps opposé suite aux échecs des référendum sur l’unification la Corse en 2003 - alors qu’il était ministre de l’Intérieur - et l’Europe en 2005 qui avait divisé la population.
Quoi qu’il en soit, son équipe de campagne est prête. Il compte parmi ses conseillers Patrick Buisson, ancien patron de Minute et instigateur du débat sur « l’identité nationale ». Emmanuelle Mignon, la « tête pensante » de sa campagne de 2007, a repris du service. A ses côtés également, Camille Pascal, nouveau rédacteur de ses discours et Jérôme Lavrilleux, actuel directeur de cabinet de Jean-François Copé. Les équipes du chef de l’Etat ont prévu plusieurs meetings en province notamment à Marseille le 19 février. Il veut marquer le coup et être sur tous les fronts, des salles ont été réservées à Strasbourg, dans le Nord, à Lyon, Marseille et autres. Aussi et surtout, il veut faire une démonstration de force en région parisienne, on parle de Villepinte, du Bourget et même de Bercy. Nicolas Sarkozy a par ailleurs prévu de publier un livre après son entrée en campagne dans lequel il exprimera sa « vision » d’un nouveau quinquennat.
Publié par Lossa
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