Politique
La présidentielle française en campagne en Allemagne
10 Février 2012
Dans ces temps de crise, la présidentielle en France revêt une importance capitale. La double-interview Merkel-Sarkozy, l’attaque "farinale" à Hollande ou bien une interview de Daniel Cohn-Bendit des EELV sur le site internet du journal Der Spiegel, on pourrait croire que les partis français essaient de récolter des votes aussi en Allemagne. Comment voit-on cette campagne Outre-Rhin ?
Angela Merkel et son parti CDU - l’Union des chrétiens démocrates - soutiennent Nicolas Sarkozy et l’UMP dans la présidentielle 2012. Si la chancelière allemande a intérêt à un deuxième mandat de Nicolas Sarkozy, ce n’est pas uniquement à cause de leur même couleur politique. Elle a également besoin de lui pour son projet du sauvetage européen. A ses yeux, une éventuelle victoire de François Hollande, mettrait en danger non seulement le plan de sauvetage pour l’Euro que Berlin et Paris ont élaboré ensemble au cours des derniers mois, mais « l’Allemagne perdrait aussi sa position sans la France dans des questions essentielles, entre autres sur la règle d’or », a expliqué le député du CDU, Dr. Andreas Schockenhoff, au journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung.
De l’autre côté, le SPD - le parti social démocrate allemand - a pris position pour un président socialiste en France. Si Hollande remportait la présidentielle cette année, ils y verraient un signe important pour les élections en Allemagne qui auront lieu septembre 2013. C’est la raison pour laquelle, chef du SPD, Siegmar Gabriel, a invité le candidat français en décembre dernier en tant qu’invité d’honneur au congrès du parti à Berlin.

Toutefois, le peuple même ne semble pas être concerné par cette campagne électorale malgré la grande présence des homme politiques français outre-Rhin et vice versa. En Allemagne, la polémique autour du chef d’Etat, le président Christian Wulff, s’enflamme depuis quelques semaines déjà. Il s’agit d’un prêt de 500 000 euros que lui a fait un ami entrepreneur, ayant également financé ses vacances et sa voiture. Et quand on parle de « Merkozy », la Grèce ou le projet du sauvetage et de l’Euro ne sont pas loin. C’est pourquoi la double-interview de France 2 et ZDF, la deuxième chaîne publique allemande, réalisée en début de semaine, était diffusée outre-Rhin sous l’angle de la crise Euro. Quelques éléments, comme les 35 heures en France, sont sans intérêt pour le public allemand – qui pourraient même les faire rigoler – et ont été coupés.
En ce qui concerne la campagne franco-allemande, ce n’est pas une invention du couple Merkel-Sarkozy. Déjà en 2002, le candidat aux élections allemands, Edmund Stoiber, avait été soutenu par l’ancien président français Jacques Chirac. A l’époque, le support de l’ancien président de la République n’avait pas aidé à l’ex-ministre-président bavarois. Gerhard Schröder était resté chancelier de l’Allemagne jusqu’en 2005.
Publié par Ann-Marie Kornek
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