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Le Roundup, star des désherbants chez Truffaut

17 Juin 2015

Les jardineries écoulent chaque années 2000 tonnes de Roundup/ Photo Mike Mozart, Flickr (CC BY 2.0)
Produit phare de la multinational Monsanto, le Roundup est l’un des herbicides les plus vendus au monde, et probablement le plus dangereux. Le 16 juin, Ségolène Royal a annoncé le prochain retrait du produit des grandes surfaces en France. Mais en attendant, la gamme Roundup s'écoule très bien dans les jardineries. Reportage au magasin Truffaut de Sevron, en Seine-et-Marne (77).

Mardi 16 Juin, en visite dans une jardinerie du Val-de-Marne, la ministre de l’écologie Ségolène Royal à annoncé l’interdiction de la vente en libre service du désherbant Roundup à partir du 1er janvier 2016. En mars dernier, ce désherbant phare de la multinationale Monsanto composé de glycophosphate, a été classé comme cancérogène “probable chez l’homme” par l’Agence du cancer de l’Organisation mondiale de la santé (IARC).

Pour autant, la marque Roundup semble toujours prisée des jardiniers français. A la jardinerie Truffaut de Sevron en Seine-et-Marne (77), les produits de la gamme occupent près d’un quart du rayon désherbant, avec une dizaine de déclinaisons. Le magasiProxy-Connection: keep-alive
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fait tout pour le rendre le plus accessible possible. Certains flacons sont vendus avec pulvérisateur, prêt à être employé immédiatement. La toxicité du produit ne semble pas effrayer le consommateur. “Les jardiniers apprécient sa puissance et sa simplicité d’emploi”, observe un vendeur du rayon.

« Ici, le Roundup est pratiquement le désherbant qui se vend le mieux, précise-t-il. Les gens l’utilisent sur l’allée du garage ou pour enlever les mauvaises herbes de leurs bordures. Ils en achètent parce que c’est simple à utiliser, et qu’il ne demande pas beaucoup de préparation. »

Les copeaux de bois comme substitut

La décision de Ségolène Royal ne signe cependant pas l’arrêt de la vente du Roundup au grand public. S’il souhaitent en acheter, les particuliers devront s’adresser aux vendeurs des grandes surfaces pour obtenir le produit de leur choix. Devant la sur-popularité du désherbant de Monsanto, le vendeur de la jardinerie Truffaut approuve cette décision. Il espère que cela permettra de mieux les informer sur la toxicité de ce produit.

« Les clients viennent trop rarement nous consulter avant de choisir, du coup impossible de les informer correctement sur les risques, déplore le vendeur. J’espère qu’une fois que les gens n’y auront plus accès directement, on pourra les diriger vers des produits et des méthodes plus saines ». Pour protéger un parterre de fleur, il est selon lui possible de recouvrir les pieds des plans de copeaux de bois ou de paille pour empêcher les herbes de se développer sans risquer d’abîmer les sols.

Le glyphosate en ligne de mire

Produit phare de Monsanto, représentant 40% de son chiffre d’affaire, le Roundup a été présenté durant des années comme un produit biodégradable et sans dangers pour l’environnement. Des arguments au cœur de la publicité de Monsanto et pour lesquels la compagnie a été condamnée en 2009 par la Cour de cassation pour publicité mensongère. Le 20 mars 2015, l’organisation mondial de la santé a déclaré le glyphosae cancérogène probable chez l’homme. Son utilisation intensive en particulier dans l’agriculture, est en partie responsable de la pollution des cours d’eau et des nappes phréatiques.

En souhaitant interdire la vente de ce produit en grandes surfaces au 1er janvier 2016, Ségolène Royal veut aller plus vite que plan Ecophyto qui visait déjà à interdire la vente libre du Roundup à partir du 1er janvier 2018. Mis sur le marché en 1975 par la société Monsanto, le glyphosate, produit chimique à la base du Roundup, fait l’objet de vives polémiques.

Publié par Martin Rouhaud

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