Politique

Loi sur le renseignement : « Pas de liberté sans expression »

13 Avril 2015

Des manifestants protestent contre la loi sur le renseignement CC : Ludivine Le Hénaff
Une manifestation contre le projet de loi sur le renseignement s’est tenue lundi 13 avril Place du Président Edouard Herriot, à côté de l’Assemblée Nationale. Selon de nombreux syndicats, cette loi serait contraire aux droits de l’Homme.

« Je suis sur écoute » affichent de nombreuses pancartes qui bordent la Place Edouard Herriot à Paris le lundi 13 avril 2015 premier jour de débat à l’Assemblée Nationale. A 12h15, les photographes, les journalistes se mêlent aux militants qui commencent à arriver en masse afin de manifester contre le projet de loi sur le renseignement. Une centaine de personnes sont présentes pour manifester. Certains portent des Tee-shirt avec comme slogan dans le dos : « Mes mails ne peuvent être ouverts et utilisés sans mon accord ». En tête de cortège, quelques manifestants sont déguisés en Hackers, personnes spécialisées dans la compréhension du fonctionnement intime des systèmes informatiques.
La colère et les tensions se font largement sentir dans les brefs échanges entre manifestants. Parmi eux, des nombreux partisans du parti communiste de France, du syndicats des avocats, de la CGT et du syndicat de la magistrature. Camille, une sexagénaire arrivée très tôt est furieuse contre le gouvernement : « C’est un projet anti-démocratique ! La loi sur le renseignement n’est pas débattue avec les citoyens, on ne nous demande même pas notre avis alors que tout le monde est concerné, il n’y a que l’exécutif qui décide. Tout n’est que mensonge. » « A ce stade, ce n’est plus du renseignement, c’est de la surveillance généralisée. Ce projet est déplacé mais aussi très dangereux puisque tout sera enregistré dans des « boîtes noires » et un enquêteur pourra aller piocher tout ce qu’il veut. L’Etat veut nous manipuler ! Tous les messages y compris les sextos que l’on envoie, jusqu’à présent librement, pourront être utilisés contre nous.» ajoute Quentin, un étudiant de 25 ans qui se tient à côté de Camille.
Durant les quatre jours de débat à l’Assemblée nationale, les militants vont continuer à se mobiliser, ils ne sont pas contre la loi, ils ne sont pas d’accord avec les boîtes noires qui servent à enregistrer les communications et les métadonnées (destinataire, adresse IP…) « Ils mettent sur le même pied d’égalité les terroristes et les citoyens, les dénonciations liées à cette loi risquent de mettre en danger la vie privée des gens. De plus, les limites pénales ne sont pas clairement expliquées aux citoyens », affirme Fabienne, une avocate. Des sifflements retentissent lorsque les syndicats évoquent la non transparence de l’Etat et des applaudissements éclatent lorsqu’ils invitent les manifestants à continuer leur mobilisation après le premier jour de débat. Un petit groupe de manifestants, grimpé sur un banc, crie avec une certaine animalité que c’est le seul moyen d’obtenir le refus de la loi.

Publié par Ludivine Le Henaff

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