Politique
Vote des étrangers : les partis politiques dans la rue
09 Décembre 2011
Une double manifestation a eu lieu hier, jeudi 8 décembre, en marge de l'examen au Sénat de la proposition de loi sur le vote des étrangers. Le FN emmené par Marine Le Pen prenait place face au Sénat, dans la rue Tournon. Les différents partis de gauche, dont les Verts, avaient choisi la place Paul Claudel. Reportage.
Avant la séance au Sénat, l’ambiance est déjà électrique sur le perron du Palais du Luxembourg. Marine Le Pen a donné rendez-vous à ses sympathisants dans la rue Tournon, face au Sénat à 12 h 30. Arrivée à 12 h 45, Marine Le Pen prononce un discours provocateur. «Nicolas Sarkozy et François Hollande marchent main dans la main, ils n’ont pas de vraies convictions», lance-t-elle. «Le droit de vote est indissolublement lié à la nationalité» ne cesse-t-elle de répéter. Le monologue terminé, la candidate aux élections présidentielles s’offre un petit bain de foule, toujours entourée de ses gorilles de la sécurité. Les jeunes du FNJ (les jeunesses du FN) entonnent une Marseillaise, reprise par une partie de la foule, avant de reprendre leur slogan, « Marine Présidente ! Marine Présidente ! » La candidate du Front National quitte les lieux à 13 h 30 en agitant la main par la fenêtre de sa voiture.

« A un moment, il faut dire Stop ! »
Il n’en faut pas tant pour les militants visiblement déjà comblés. Il sont une petite centaine de militants seulement, a être venus montrer leur hostilité au droit de vote des étrangers. Mickael et Pascale viennent de l’Isère et ont fait 500 Km pour voir celle qui incarne « le renouveau ». « On en a marre de Sarkozy. Hollande en face fait office de beignet ambulant qui reprend les principes de Jospin. Seule Marine est vraiment crédible », explique Mickaël. « Nous avons connu la précarité et les injustices des aides sociales. Il ne faut tout de même pas se peindre le visage en noir et se mettre des poils de cul sur la tête pour qu’on nous donne des sous », ajoute-t-il en haussant le ton. Alors le droit de vote des étrangers, s’en est trop pour le couple. « Il ne faut pas exagérer. Si on allait chez eux, nous laisseraient-ils voter pour leurs élections ? C’est ça la vraie question. » Même constat pour Béatrice, une quinquagénaire nouvellement adhérente au FN, qui n’a pas supporté que sa belle fille camerounaise touche d’avantage d’aides sociales qu’elle. « Ils viennent prendre nos sous pour les renvoyer dans leur pays et maintenant, ils auraient le droit de voter. A un moment il faut dire stop ! », déclare-t-elle énervée. A 14 heures, la rue est rouverte à la circulation.

« Un droit fondamental »
A une centaine de mètres de là, une contre-manifestation des Verts et des partis de gauche commence place Paul Claudel. Eva Joly, la candidate d’Europe-Ecologie-Les-Verts sort tout juste de l’enceinte du Sénat pour aller rejoindre les manifestants. La franco-norvégienne, dont l’arrivée a été très remarquée, défend ce « droit fondamental ». « Il y a un vrai clivage entre la conception du Front National qui veut le repli sur soi, qui veut une France étriquée. (...). Aujourd’hui la France est colorée, elle est cosmopolite. » déclare-t-elle à Public Sénat. Les militants de gauche étaient plus nombreux que ceux de l’extrême-droite, environ 200 selon les organisateurs. Une double manifestation devant le Sénat, du jamais vu dans l’histoire. Une chose est sûre, la journée aura été très électrique aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur du Sénat.

Publié par Arnaud Rey
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