Societe

Objectif Mars

16 Novembre 2011

Le robot Curiosity sur Mars. Dessin d'artiste.
Dans le cadre du programme « Mars Science Laboratory », la NASA s'apprête à envoyer sur Mars son dernier engin : Curiosity, un robot d’exploration motorisé qui devrait explorer la planète pendant deux ans.

La NASA s’apprête à envoyer sur Mars la plus perfectionnée de ses créations. Dans la lignée des robots Spirits et Opportunity, qui avaient parcouru le sol de la planète rouge dès 2004, Curiosity, le dernier de la lignée, décollera le 25 Novembre prochain de Cap Canaveral à bord d’une fusée Atlas V.

En 2004, les robots jumeaux Spirit et Opportunity avaient fait découvrir au monde la Planète rouge, communiquant en permanence des photos de très haute qualité. D’un point de vue scientifique, la mission a été un triomphe. A l’origine prévus pour tenir deux mois et parcourir quelques centaines de mètres sur le terrain très difficile de Mars, les petits robots avaient fait preuve d’une étonnante résistance. Bravant le froid martien, le manque d’énergie et les tempêtes de poussière, Spirit et Opportunity ont tenu des années entières. Si le premier s’est ensablé en 2009, le second a parcouru près de 8 kilomètres, dépassant les espoirs les plus fous de la NASA et est encore en activité aujourd’hui. Malgré ses instruments qui tombent en panne les uns après les autres, des roues bloquées par le sable, des batteries sur le point de rendre l’âme, à moitié recouvert de poussière martienne obstruant ses panneaux solaires, Opportunity tient le choc et continue d’envoyer des données intéressantes. 

Mais déjà, la relève est sur le pas de tir. Curiosity, le petit frère dernière génération de la ligné des robots martiens, n’a rien à envier à ses prédécesseurs. C’est un monstre de technologie de près de trois mètres, qui pèse 900 kilos et capable de monter jusqu’à 90 kilomètres-heure en cas d’urgence. Plus rien à voir avec ses aînés de 200 kilos et 60 centimètres de long… Curiosity est prévu pour aller plus loin, plus longtemps. Il possède un énorme bras articulé capable de forer la roche pour récolter des échantillons qu’il pourra analyser. Le rover est en effet équipé de deux laboratoires internes pourvus d’outils à la pointe de la technologie, lui permettant de mener lui-même des expériences sur les échantillons avant d’envoyer les résultats aux équipes terrestres. Une première dans l’histoire de la conquête martienne.

La procédure d’atterrissage est à elle seule une preuve de la démesure de Curiosity. Jusqu’ici, les véhicules envoyés sur Mars freinaient leurs descentes avec des rétrofusées, puis amortissaient le choc avec un train d’atterrissage (Viking 1) ou de gros ballons posés sur le sol peu avant la chute (Spirit et Opportunity). Le poids de Curiosity rend nécessaire une procédure très complexe. La capsule contenant le rover est d’abord freinée grâce à un parachute. Le robot et son enveloppe sont ensuite largués et ralentissent encore davantage grâce à des fusées. Enfin, Curiosity est suspendu sous la nacelle-fusée qui le dépose au sol. C’est en quelque sorte le principe d’un largage par hélicoptère, ce dernier étant remplacé par des fusées montées sur une structure.

 

Si les scientifiques placent autant d’espoir dans cette nouvelle mission, c’est également grâce à la présence d’un générateur électrique dernière génération. Curiosity peut en effet se passer de recharger ses batteries avec l’énergie solaire pendant près d’une année martienne (deux années terrestre). Il possède une centrale électrique interne alimentée en dioxyde de plutonium pour une autonomie accrue. Curiosity possède également des roues plus larges, toutes motorisées, pour éviter l’ensablement et une nouvelle suspension qui devraient lui permettre de se jouer du sol martien, très irrégulier, et de franchir des obstacles de 50 centimètres de hauteur.

L’appareil devra toutefois voyager pendant près de huit mois. Pour le voir fouler le sol martien, rendez-vous début septembre 2012.  Si Curiosity ne s’écrase pas en un tas de ferraille de 2,5 milliards de dollars polluant la Planète rouge.

 

Publié par Luc Letailleur

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