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Ils cueillent leurs fruits et légumes à même le champ

17 Juin 2015

Apparue il y a quelques années, la mode de la vente de fruits et légumes à ramasser soi-même est en plein essor. Particuliers, agriculteurs, chacun y trouve son compte. Illustration dans un champs de fraises, à Sacy-le-Grand dans l'Oise.

Il est à peine 9h30 du matin ce mercredi, que déjà, une quinzaine de voitures sont alignées le long du champ de la ferme Poulain. Celles-ci attendent que leurs propriétaires reviennent les bras chargés de petites fraises, rouges et sucrées à souhait. Parmi eux, Marion. Cheveux bruns soigneusement peignés, la jeune femme de 23 ans s’est levée tôt ce matin, pour aller à Sacy-le-Grand (Oise), cueillir elle-même les fraises qu’elle dégustera à midi. « Je viens ici pour le rapport qualité/prix, précise t-elle. En grande surface, on trouve en général des fraises qui viennent d’Espagne et qui, bien souvent, n’ont aucun goût », regrette-t-elle, occupée à choisir les fruits bien mûrs. Comme elle, de plus en plus de Français habitant à la campagne font le choix d’aller chercher leurs fruits et légumes directement chez le producteur.

Un phénomène en progression d’année en année

Un changement des habitudes de consommation que François, le fils du propriétaire de l’exploitation agricole, suit avec intérêt. « Je pense que les gens recherchent de l’authentique. Ils en ont marre de consommer des produits quelconques et demandent de la qualité, observe-il. Nos fraises ne reçoivent pas d’engrais par pulvérisation, on ne leur donne que de l’eau et elles sont délicieuses ». A 24 ans, le jeune homme, qui prépare un master en droit, travaille les week-ends dans l’exploitation agricole. Posté aux abords du champ, il accueille les visiteurs venus avec leur panier, leur indique les fraises mûres et pèse la quantité récoltée à leur retour. « On n’est vraiment pas contraignants. Les gens peuvent cueillir les fruits qu’ils veulent, peu importent la quantité ou le calibre. C’est aussi ça qui plait, confie le jeune homme, en tendant d’une main un petit panier d’osier à une dame âgée. Les gens trouvent ça ludique, surtout les enfants ».

2,60 euros le kilo de fraises

Pas de têtes blondes, ce matin dans le champ. Mais une vingtaine de personnes qui, seules, ou en groupe, s’attèlent à la cueillette. Parfois, un éclat de rire fuse en réponse à une blague ou un commentaire. « Tu es lente, ma barquette est bientôt pleine. Attention à ne pas t’endormir », lâche une quinquagénaire, taquine, en direction de son amie manquant apparemment de vivacité. La plupart de ces cueilleurs amateurs viennent des alentours, mais quelques courageux se sont déplacés depuis Compiègne, à une vingtaine de kilomètres de là. Mais, François l’avoue, si les gens reviennent pour le goût des produits, le prix est, en général, la raison qui les pousse à pousser les portes de la ferme pour la première fois. « On est à deux euros soixante le kilo de fraises, se réjouit le jeune homme. Ce tarif nous permet de nous en sortir correctement, tout en restant très intéressant financièrement pour nos clients ».

Publié par Quentin Galand

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