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Quatre jours et demi à l’école : «C’est horrible et méchant !»

29 Janvier 2013

École primaire à Aulnay sous Bois. DR
La semaine de quatre jours et demi fera son retour à la rentrée 2013. Pour ou contre, reportage à la sortie des classes d'une école du 19e arrondissement de Paris.

« Moi je n’aime pas le centre ! Je préfère l’école ! », confie Henry, petit bout-de-chou de 9 ans. L’élève de CM1 préfère nettement aller à l’école le mercredi matin que de se rendre au centre aéré, balayant sans le savoir la bannière du « bien-être des enfants » brandie par les syndicats de professeurs et les fédérations de parents qui s’insurgent contre le retour de la semaine de quatre jours et demi au primaire, pour la rentrée 2013. Le décret l’instituant a été publié par le Journal officiel samedi 26 janvier.

« Je trouve qu’on fait beaucoup de bruit pour rien, en réalité », glisse Sandrine, une mère d’élève de l’école du Général Brunet, dans le 19e arrondissement parisien. Il est 16h30 ce lundi 28 janvier et sonne la fin de la journée pour tous ces petits qui travaillent depuis 8h30. « En fait, mon fils et moi n’en avons même pas parlé ensemble ! Ca n’est vraiment pas capital à mes yeux, et j’ai peur qu’on se serve de ça pour nous cacher les vrais problèmes. » Les élèves sortent dans un concert de cris de joie, heureux d’en avoir fini avec les cours. « C’est ainsi tous les jours », avoue Sabrina, « Les enfants sont vraiment fatigués. Je ne crois pas que leur ajouter une demi journée de cours soit une bonne idée, ils ont besoin d’une cassure dans la semaine. Ca n’est pas tenable autrement », continue-t-elle, catégorique. Sa fille, Vanessa, ajoute d’ailleurs : « Je ne veux pas aller à l’école le mercredi ! C’est horrible et méchant ! »

Beaucoup de parents semblent indifférents à la mesure Peillon ou alors s’en accommodent tout à fait. D’après Rémy, les enfants disposent d’un potentiel d’adaptation bien supérieur à celui des adultes. « Je pense que ceux qui sont le plus dérangés par toutes ces modifications, ce sont les professeurs. Ca chamboule leurs petites habitudes. Auparavant, on reprochait aux parents de coucher trop tard leurs gosses le dimanche et on expliquait la fatigue comme ça. Maintenant on nous dit que se lever cinq jours de suite par semaine, c’est trop compliqué pour un enfant de huit ans. Quand j’étais élève on avait cours le samedi matin, et on est pas morts ! », lance-t-il, un petit sourire sur les lèvres.

Il estime par ailleurs inadmissible la grève qui a mobilisé les professeurs des écoles de Paris la semaine passée. « Mardi c’était trop cool ! », pense de son côté le jeune Guillaume, qui se rappelle avec plaisir la journée de repos offerte par l’arrêt de travail de 85% des enseignants de la Capitale. « Cette manie de faire la grève pour un oui ou pour un non… C’est vraiment Français ! », peste en revanche son père. Tout l’établissement étant fermé, s’il n’avait pas disposé de son congé paternité, Rémy avoue qu’il n’aurait pas su quoi faire de son enfant.

Publié par Vincent Nahan

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