Societe

L’association ILYSSE contre la censure sur le web.

09 Janvier 2015

Oriane Piquet-Louis et son association, ILYSSE: pour un internet libre, revendiquent la libre expression sur internet.

Suite aux événements qui ont touchés Charlie Hebdo, la liberté d’expression a été baffouée. Internet est un grand réseau où tout peut se dire et tout peut s’entendre. Pourtant une censure existe. L’organisation non gouvernementale Reporters Sans Frontières a créé une journée contre la censure tous les 12 mars de chaque année
Oriane Piquert Louis vice-présidente de la FDN et membre de l’association ILLYSE s’est exprimé sur la lutte contre la censure sur le net.


Pourquoi êtes vous contre la censure sur internet?
La censure a juste un effet pervers. Dans le cas de la lutte contre le terrorisme, ce n’est pas parce que l’on censure le site d’un djihadiste qu’il abandonnera. Au contraire, les personnes vont accéder à un autre serveur et devenir invisible. La censure se détourne et rend plus dangereux les individus. Plus on censurera et interdira, plus les individus seront curieux et chercheront à y aller.
Cela rejoint l’effet Stresand. En 2003, un journaliste avait pris une photo de Barbara Streisand dans sa demeure. La photo avait été publiée. Barbara Streisand l’a poursuivie en justice, le contenu a été retiré du web.La procédure a fait connaître l’affaire et des millions d’américains ont eu accès à cette photo que Barbara Streisand voulait cachée.
Certes le grand public s’arrêtera à la censure mais les personnes motivées telles que les terroristes ou les pédophiles trouveront d’autres moyens et leur surveillance sera encore plus compliquée. La censure rend encore plus dangereux le web.

Ne pensez-vous pas qu’après l’attentat à Charlie Hebdo, il faudrait veiller aux propos diffusés sur le net? 
La liberté d’expression est une des libertés fondamentales de la démocratie. Bien sûr, si une personne tient des propos raciaux, haineux et contre le genre, elle sera sans doute inquiétée. Pour notre association, pour censurer et retirer la liberté d’expression à un individu il faut que l’affaire passe par un juge. Il faut encadrer l’expression mais ne pas l’interdire.
Si HADOPI, la haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet, se trompe l’accusé doit pouvoir faire appel et se justifier. Prenons l’exemple de la censure des sites pornographiques en Grande Bretagne : de nombreux sites d’éducation sexuelle sont censurés sans procédure d’appel possible, ce qui nuit aussi bien à la liberté d’expression mais surtout d’information.
A l’heure où nous sommes dans une période de lutte contre le terrorisme les individus ne doivent pas accepter de voir leur liberté se réduire pour obtenir plus de sécurité.

Camille Leclercq

Publié par Camille Leclercq

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