Societe

Le business des friperies

18 Juin 2015

Autrefois plaisir de quelques initiés à la recherche de la perle rare, les friperies se sont démocratisées ces dernières années. Au point constituer un vrai marché concurrentiel éloigné du concept d'origine.

« Si vous voulez vous démarquer, il faut constamment renouveler l’offre », glisse Benicio, propriétaire d’un magasin de vêtements rue saint-Denis dans le 1er arrondissement de Paris. Contrairement à ce que son discours laisse penser, il ne tient pas une boutique de prêt-à-porter, mais une friperie, magasin de vêtements d’occasions. Elles sont légions aux alentours de Châtelet et dans le Marais. Vendeuse d’une boutique voisine, Yelena explique n’avoir « qu’un seul fournisseur » dans son magasin, « un des leaders mondiaux dans le domaine », un mastodonte de la friperie qui livre aussi Benicio et qui fixe une fourchette de prix pour ses vêtements : entre 15 et 25 euros la chemise par exemple. Les magasins estiment ensuite les pièces en fonction de leur état, mais aussi «des prix de la concurrence », confie Yelena.

Entretenir une image underground

Mickaël explique que le modèle du magasin dont il est vendeur n’a rien d’un dépôt-vente, Chez Episode, une enseigne qui possède plusieurs magasins à travers l’Europe. « On achète des vêtements au kilo dans des usines aux Etats-Unis ou en Asie, à un prix dérisoire, explique-t-il. C’est pour ça qu’on ne les revend pas cher non plus. » Il n’y a pas de publicité autour du magasin car les affaires marchent bien - « on fait de très belles marges », confie-t-il - mais surtout parce qu’il y a « la volonté d’entretenir un aspect undeground ». Une manière de gérer cette image de friperie à l’ancienne, qui plait aux clients. Des magasins soucieux de garder une identité et de l’entretenir, un modèle là encore éloigner du concept original.

Un véritable marché économique

La clientèle a elle aussi complètement changé. Si dans les années 1960, les fripiers vendaient des pièces à des initiés, habitués des marchés et brocantes, ces dernières années le mouvement « hipster » a rendu les friperies branchées. « Il y a eu un boom il y a trois ans. Avant nos clients étaient des connaisseurs, maintenant c’est devenu un truc de mode pour les gens qui veulent des vêtements pas chers », constate Benicio. « Je viens de trouver une veste en daim à 30 euros, alors que j’avais vu le même modèle à 500 euros chez une grande marque », s’enthousiasme Clara, jeune cliente qui découvre les friperies . En effet, en plus d’être à la mode, les pièces sont en bon état et bon marché. Installé depuis trois ans rue Tiquetonne, Benicio est conscient de cette nouvelle donne : « c’est devenu un véritable marché concurrentiel ».

Publié par SimonStephan

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