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Le travail du dimanche au cœur de la manifestation contre la loi Macron

17 Juin 2015

Les métiers de la distribution culturelle ont manifesté le 16 juin près du métro Sain-Michel dans le centre de Paris pour protester contre la loi Macron réexaminée dans l’après-midi à l’Assemblée nationale.

« Macron, ta loi, on n’en veut pas ! ». Le ton est donné. Une centaine de travailleurs du secteur de la culture se sont rassemblés au pied de la fontaine Saint-Michel, mardi 16 juin 2015, pour protester contre la Loi Macron, réexaminée le jour même à l’Assemblée nationale. Parmi eux, de nombreux membres de la CGT et de l’Union Nationale des Syndicats Autonomes (Unsa), et des employés vêtus de chasubles Fnac et Gibert Joseph, la chaîne de librairie. « La Fnac Saint-Lazare nous rejoindra dans 30 minutes », s’exclame avec joie l’un des speakers.

Depuis plusieurs mois, le projet de loi du ministre de l’Economie fait polémique au sein des grandes enseignes culturelles. En cause, le passage de cinq a douze dimanche de travail au cours de l’année. « Cinq dimanche dans l’année, c’est largement suffisant », explique Martine, syndiquée Unsa. « Les salariés volontaires ne sont pas certains d’êtres payés à 200% ou d’avoir une journée de récupération dans la semaine. Rien n’est garanti ! » s’inquiète-t-elle.

« Du chantage implicite »

Une collègue de Martine décide d’intervenir. « Le volontariat n’existe pas vraiment dans l’entreprise. Si tu veux avoir une augmentation et si tu es jeune, il vaut mieux travailler le dimanche », argumente-t-elle. « C’est toujours mieux d’en faire un peu plus si on veut évoluer dans l’entreprise. Il faut savoir que le volontariat est un joli mot, mais qui n’existe pas vraiment. Il y a un chantage implicite ».

Si Remy Frey, représentant de Gibert Joseph, considère le projet comme « néfaste et dangereux pour les conditions de vie et de travail », Matthieu, employé de la chaîne de librairie, n’est pas catégoriquement opposé à l’ouverture des commerces culturels le dimanche. Il dénonce néanmoins « le manque de garanties accordées aux travailleurs dominicaux », une « attaque du droit du travail », selon lui. « C’est quelque chose qui est censé être en faveur des salariés et les salariés ne sont pas du tout écoutés. C’est triste ».

Le président de la République François Hollande a promis une adoption définitive de la loi Macron avant le 14 juillet. Un prochain rassemblement aura lieu le 28 juin devant l’Hôtel de Ville de Paris.

Publié par Grégoire Huvelin

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