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Les femmes toujours mal informées sur la contraception d’urgence

17 Avril 2015

CC wikipedia - Anka Grzywacz
La contraception d’urgence, plus connue sous le terme de « pilule du lendemain », est en vente libre depuis les 2000. Or, 65% de femmes s’estiment encore mal informées sur le fonctionnement ou les risques de cette pilule.

Les femmes connaissent mal la “pilule du lendemain”. Une étude publiée mi-avril par Harris Interactive montre qu’une grande majorité de femmes connaissent l’existence de ce moyen de contraception d’urgence, mais 65% d’entre elles s’estiment mal informées.

Ce produit, qui sert à prévenir la survenue d’une grossesse non désirée à la suite d’un rapport sexuel non ou mal protégé, se prend généralement dans les heures qui suivent le rapport, par voie orale. Or 78% des femmes interrogées dans l’étude ignorent exactement son mode d’action, et presque autant ne connaissent ni son efficacité réelle, ni le délai de la prise du contraceptif après le rapport.

Ces statistiques sont inquiétantes puisque plus de 30% des femmes sexuellement actives ont déjà utilisé ce moyen de contraception d’urgence au moins une fois dans leur vie. « L’utilisation de la contraception d’urgence a augmenté ces dernières années, en particulier chez les jeunes filles entre 15 et 25 ans, suite à des rapports non ou mal protégés”, estime Laurence, 39 ans, pharmacienne.

Un enjeu de santé publique
Cette désinformation pourrait coûter cher en terme de santé publique. « Les jeunes pensent que c’est un produit « miracle » qu’ils peuvent utiliser comme bon leur semble et parfois il y a des abus. Il ne faut pas oublier que c’est un médicament hormonal qui peut laisser de graves séquelles si les recommandations ne sont pas suivies », s’inquiète la pharmacienne. En outre, contrairement à une idée reçue, la pilule du lendemain n’est pas réservée aux relations sexuelles non protégées : “Certaines personnes ignorent les risques d’un préservatif à la mauvaise taille ou qui se déchire ».

Ce manque de connaissance inquiète. Plusieurs campagnes d’information ont été lancées ces dernières années, dont une grande en 2012, qui ont permis de tripler le nombre d’utilisatrices, passé de 9% en 2000 à 30% en 2014. Pour Laurence, « l’information n’est pas assez relayée. Il faudrait des campagnes de publicité plus ambitieuses et parler aux jeunes lycéens (par exemple). Ils doivent comprendre que ce n’est pas un bonbon qu’on peut manger quand on veut ».

Copyright Léa Caboche

Publié par Léa Caboche

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