Societe

Mesure d’austérité : les arrêts-maladie dans le viseur

15 Novembre 2011

Les arrêts-maladie dans le collimateur.
François Fillon a annoncé l'instauration d'un jour de carrence pour les arrêts-maladie dans la fonction publique ainsi qu'une journée supplémentaire dans le privé.

« Une mesure d’égalité entre le secteur public et le secteur privé. » Voici pour résumer l’amendement proposé par le député UMP Dominique Tian. Lors de la réunion hebdomadaire de l’UMP à l’Assemblée Nationale mardi, François Fillon a prononcé un avis favorable à cette mesure. Pour tenter de réduire les inégalités, le député UMP souhaite imposer un délai de carence d’une journée pour les arrêts-maladie de la fonction publique. Cet amendement au projet de loi de Finances 2012 s’inscrit dans une logique d’austérité. Aujourd’hui, les fonctionnaires n’ont aucun délai de carence alors que dans le secteur privé, trois jours sont imposés. Ce décalage est le principal argument du député. Pour Romain Lufeaux, assistant parlementaire de Tian, cette mesure tend à « limiter les fraudes puisqu’elles seraient plus nombreuses dans la fonction publique selon différentes études. »

En parallèle, un autre projet est mené par un député de la majorité : ajouter un jour de carence supplémentaire pour les arrêts-maladie du secteur privé. Le gouvernement était défavorable à une telle proposition en octobre dernier. Mardi, pourtant, il est sur sa décision et souhaite la concrétiser. Combinées, ces réformes permettraient une économie de 220 millions d’euros, selon Les Echos. Pour Michelle Cauffer de la CGT, l’argument selon lequel il faut équilibrer les délais de carence ne tient pas route. « Nous sommes d’accords pour un équilibre, mais pourquoi ne pas adapter le système dans l’autre sens ? Pourquoi s’obstiner à tirer le salarié vers le bas ? »

Comme de nombreux syndicats, la CGT propose une politique socio-économique en totale opposition. « Pourquoi recommencer avec des recettes inefficaces ? Pour sortir de la crise et faire de réelles économies, il suffirait d’augmenter les salaires et de taxer les revenus des entreprises. » Ces deux mesures rendraient identiques les disparités entre la fonction publique et le secteur privé. L’objectif premier est de réduire le déficit de la Sécurité sociale. Mais ces « inégalités » pointées par le gouvernement vont encore persister puisque les trois jours de différence sont conservés.

  • La « mesurette » gouvernementale, selon Brigitte Jumel, secrétaire générale de la CFDT-Fonction publique

Publié par Justine Gonsse

Partager cet article