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Piscines à Paris : « On se croirait sur le périphérique»

16 Juin 2015

©http://www.miramas.org/
Quatre nouvelles piscines couvertes et six en plein air, c’est le nouveau défi « Nager à Paris » de la ville de Paris pour les cinq prochaines années. L’objectif de la mairie : palier le manque criant de bassins parisiens, surpeuplés par un public toujours plus friands de baignade. Reportage à la piscine bondée des Halles.

« Je suis allé une fois à la piscine de Champerret, plus jamais ! », se remémore un nageur quadragénaire venu faire quelques brasses à la piscine des Halles. « Impossible de nager, la piscine était bondée. Ça devient épuisant nerveusement, on se croirait sur le périph’. On perd tout le plaisir », rajoute-t-il, « Ici, c’est un peu mieux, même si je ne peux pas faire un allez retour sans devoir doubler ou l’être par quelqu’un ».

Effectivement à 16 heures, la piscine du cœur de Paris est déjà bien remplie, une centaine de personnes y enfilent des longueurs. « On accueille environ 1 000 personnes par jour et dans les heures pleines, le bassin peut accueillir parfois jusqu’à 300 personnes », témoigne le maître-nageur. « C’est une bonne chose de construire de nouvelles piscines mais je pense qu’on sera toujours autant fréquenté. On est à une place stratégique, il y a beaucoup de passage dans les Halles ».

« Je ne viens que rarement à la piscine, non pas parce que je n’aime pas ça, mais parce qu’il y a vraiment trop de monde, témoigne cet autre nageur. Je suis de Belleville et la piscine là-bas est vraiment chouette, mais ça devient un enfer de s’y baigner ». Monde ou pas, Ammar, venu d’Inde, se jette à chaque fois à l’eau, « En Inde, on ne dispose pas de piscine comme ici. L’entrée coûte environ 3 euros mais pour beaucoup, c’est au-dessus de leurs moyens ».

Une hausse de 46 % en 13 ans

En 13 ans, la fréquentation des piscines intra-muros a progressé de 46 %. On recense jusqu’à 7 millions d’entrées par an, pour 39 piscines et 9 bassins d’écoles. Alors lorsqu’on annonce à des jeunes nageuses le projet de la mairie, la réaction est spontanée : « C’est génial ! On en a vraiment besoin. Quand je nage ici, j’ai toujours la pression d’avoir quelqu’un qui nage derrière. Il faut sans cesse garder le rythme pour ne pas gêner la personne devant ou derrière ».

Fermetures à répétition

Si le plan « Nager à Paris » va permettre de désengorger les piscines, l’association Nageurs Citoyens relève toutefois un problème. Selon eux, un quart des piscines sont fermés chaque jour. Les nageurs doivent alors s’adapter, comme nous l’explique l’un d’entre eux, « La dernière fois, la piscine des Halles réduisait ses heures d’ouverture parce que c’était férié. Ce qui veut dire, beaucoup plus de monde dans le bassin. Je suis donc allé dans une autre dont les horaires restaient inchangés ».

Pour le maître-nageur, les fermetures sont généralement dues à des problèmes d’hygiène. Il suffit d’un petit problème pour que le site soit fermé pour plus de sécurité. « Globalement, les gens comprennent qu’on ne peut pas faire autrement, mais si un nageur n’est pas content, ça n’a pas d’impact sur nous. On est tellement fréquenté qu’il sera remplacé dans la journée par quelqu’un d’autre », conclu-t-il. 

Publié par Christelle Puga

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