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Réforme des Hôpitaux : la pilule ne passe pas

18 Juin 2015

Le personnel de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris refuse en bloc le nouveau plan d'économie de Martin Hirsch. Le secrétaire général de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris veut revenir sur l'accord passé en 2002 sur les 35 heures. Inquiétés par la dégradations des conditions de travail, tout les syndicats du personnel médical ont appelés à la mobilisation jeudi 18 juin.

Les grévistes déplient les banderoles devant le siège de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), à deux pas de l’hôtel de ville. Ils préparent leurs mégaphones, révisent leurs slogans avant cette quatrième journée de manifestation.

Le projet du président de l’AP-HP Martin Hirsch de réorganiser le temps de travail ne passe décidément pas au sein du personnel médical. Destiné à économiser 20 millions d’euros, il prévoit de supprimer 5 jours de RTT en échange de quelques minutes de travail de moins chaque jour. C’est cette baisse du temps de repos et une grille d’horaires jugée inadaptée qui pousse syndicats et manifestants à persévérer dans leur mouvement. Ils dénoncent un plan qui aggraverait un rythme de travail déjà considéré comme épuisé.

Un plan qui menace a qualité des soins

Manipulatrice radio à l’hôpital René Muret de Sevran en Seine-Saint-Denis dans le 93, Sylvie manifeste aujourd’hui pour préserver son temps de repos. “Normalement, le changement d’équipe prenait une demi-heure. Ca suffit à peine à donner à la nouvelle équipe toute les informations importante sur les patients. Avec le nouveau plan, on aura plus que dix minutes. Pour bien faire notre travail, nous serons obligés de prendre sur notre temps personnel.”

Des minutes qui s’ajouteraient aux nombreuses heures supplémentaires non payées qui s’accumulent chaque année. La jeune femme constate au quotidien l’épuisement physique et nerveux de ses collègues. Un épuisement qui engendre un absentéisme dans certains services. Cette situation ne peut que nuire aux patients selon elle : “Toutes ces contraintes dégradent notre travail et ce sont les malades qui en pâtissent. Faute de temps, on ne peut pas leur donner beaucoup plus que le minimum dont ils ont besoin.”

Face à la mobilisation, des pourparlers se sont engagés entre Martin Hirsch et les différents syndicats qui ne comptent pas renoncer avant la signature d’un accord.

Publié par Martin Rouhaud

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