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Le « thigh Gap », ce phénomène de minceur qui inquiète

04 Octobre 2013

Le « thigh gap » est un espace entre les cuisses, qui, pieds serrés, ne se touchent pas.
C’est la nouvelle lubie des adolescentes, le « thigh gap », cet espace entre les cuisses qui, pieds serrés ne se touchent pas. Une obsession qui inquiète parents et nutritionnistes et qui conduit souvent les jeunes filles dans l’anorexie et la dépression.

« Il y a 6 mois, Julie taillait un 38, aujourd’hui elle approche le 34 et se trouve toujours trop grosse », confie Anne-Laure, maman d’une jeune fille de 19 ans. Le phénomène « thigh gap » tourmente de plus en plus de parents. Alors qu’il était pratiquement méconnu, il conduit de plus en plus souvent les jeunes filles à l’anorexie et la dépression. Maman soucieuse, Anne-Laure fait part de son expérience. « Je ne me faisais pas de soucis quand ma fille me disait avoir prit un ou deux kilos et qu’elle souhaitait les perdre. Mais depuis quelques temps, Julie me dit qu’elle peut facilement constater prendre du poids lorsqu’elle perd son thigh gap ». Si jusqu’ici les remarques de sa fille ne l’avaient jamais inquiétée, Anne-Laure constate qu’elle fait tout pour atteindre la taille mannequin. Pour faire face, la mère de la lycéenne a mit au point des règles très strictes et oblige sa fille à manger tout ce qu’on lui sert à table. « On ne va pas se mettre à compter les calories ! »

«Pour certaines, jamais le creux ne se formera »

Eugénie Auvinet est nutritionniste depuis sept ans et a vu évoluer le phénomène « thigh gap ». « Les besoins nutritionnel d’un adolescent sont d’environ 2500 calories par jours», explique-t-elle, constatant que beaucoup de jeunes filles sont capables de se sous-alimenter pour obtenir la fameuse taille mannequin. « On voit de plus en plus d’adolescentes sur le net qui affichent avec fierté leur maigreur. Il faut non seulement que l’OMS fasse quelque chose, mais il faut surtout que les parents soient mis au courant des dangers d’anorexie et de dépression auxquels leurs enfants font face »,  ajoute-t-elle. Si pour certaines jeunes filles, le « thigh gap » peut se former en maigrissant, Eugénie Auvinet explique que c’est un phénomène purement physique. « Selon la morphologie des femmes, le thigh gap peut apparaître sans même avoir besoin de faire un 34, et inversement, d’autres auront beau maigrir, jamais le creux ne se formera ».

« Quand les cuisses se touchent c’est laid »

Au cœur du 17ème arrondissement de Paris, le lycée Carnot accueille en ses murs des élèves, qui comme beaucoup d’autres, subissent la loi de la minceur. Adossée à un arbre, Gil fume une cigarette en attendant la reprise des cours. La jeune fille de 17 ans, petite jupe noire, sweat XXL, explique que « quand les cuisses se touchent, c’est laid… Mais je ne ferais peut être pas un régime pour avoir un thigh gap». Si le phénomène ne la touche pas, elle avoue volontiers que « c’est sûrement un complexe pour beaucoup de filles ». Quelques rues plus loin devant l’établissement Chaptal, Pierre, jeune garçon de 18 ans, embrasse une dernière fois sa petite amie avant de retourner en classe. Pour sa part, « les filles qui ressemblent à des squelettes ne sont pas attirantes ». Il explique qu’il n’aime pas les obsédées du régime et ne comprend pas qu’une adolescente puisse s’affamer « tout ça pour un creux entre les cuisses ».

Et maintenant les omoplates apparents

Alors que le phénomène « thigh gap » prend de plus en plus d’ampleur à travers le monde, et s’installe petit à petit en France, une nouvelle lubie pourrait bien faire son apparition : le « collarbones ». Après le creux entre les cuisses, ce sont les omoplates apparents qui séduisent les jeunes adolescentes et pourraient bien être le prochain combat des nutritionnistes et parents à travers le monde.

Publié par Jules-Aloïs Amand

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