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Le vélo, l’atout santé de Paris

16 Avril 2015

Jean-François Gornet (Flickr CC)
Le conseil municipal de Paris a adopté un "plan vélo" mardi 14 avril. Les cyclistes sont devenus unes des priorités de la maire Anne Hidalgo. Mais que risque-t-on à pédaler pendant les pics de pollution? Réponse d'un médecin du sport.

Alors que 3% des déplacements en ville sont faits à vélo, la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, vise 15% à l’horizon 2020. Plus de 150 millions d’euros seront investis pour moderniser les voies cyclables, créer de nouveaux stationnements et augmenter le parc Velib’ de Paris. Plus de cyclistes, moins d’automobilistes. Mais alors que les pics de pollution se multiplient dans la capitale, faire du vélo à Paris est-il toujours aussi bon pour la santé ?

Quels sont les bienfaits de la pratique du vélo ?

Le vélo est un sport d’endurance. Comme tous les sports, « la pratique du vélo améliore la condition physique, amplifie la masse musculaire, diminue l’hypertension artérielle et augmente la concentration de bon cholestérol », rappelle le docteur Frederik Taouss, médecin du sport à Levallois-Perret. Selon une étude danoise, faire du vélo peut réduire de 50% les maladies cardiovasculaires, d’au moins 25% les cancers voir jusqu’à 40% pour ceux du colon et du sein. La pratique du vélo est donc un enjeu de santé publique.

Faire du vélo en zone polluée, est-ce mauvais?

Lors de pic de pollution et contre toute idée reçue, Frederik Taouss nous incitera à monter à vélo plutôt que de marcher ou prendre la voiture. Rouler à vélo revient à s’exposer moins longtemps à la pollution puisque que le vélo est le mode de déplacement le plus rapide en ville. A l’arrivée, on aura donc respiré moins de particules fines qu’un piéton qui mettra trois fois plus de temps pour le même trajet. Une étude réalisée par l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail a démontré que la voiture est le mode de déplacement où l’exposition aux polluants est la plus forte. Pots d’échappement contre pare-chocs, l’air devient saturé en pollution dans l’habitacle de la voiture.

Attention à l’effort intense…

Le médecin émet toutefois une réserve : “Si la personne est en hyperventilation, c’est-à-dire avec une respiration accélérée en raison d’un effort physique intense, le vélo devient néfaste pour la santé lors d’un pic de pollution”, avance-t-il. La raison? On respire plus d’air en peu de temps et les particules polluantes, notamment les particules fines, vont s’ancrer plus profondément dans les poumons. Lors d’un pic de pollution, la pratique du vélo est fortement déconseillée pour les personnes ayant des troubles pulmonaires (asthme, …). Or il est rare de se retrouver en situation d’effort intense en ville. Globalement, les bienfaits du vélo sont donc nettement supérieurs aux inconvénients.

A quelle dose ?

Contrairement à la course à pied, le vélo pratiqué à haute dose ne provoque pas de troubles articulaires. Une fois en selle, les articulations ne supportent pas le poids du corps, ce qui permet de rouler sans limite.

Publié par Benoît Durand

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