Sport

Incident sur le Paris-Roubaix : la SNCF porte plainte contre X

13 Avril 2015

Photo prise par Jérémy-Günther-Heinz Jähnick, Google Images CC
La 113ème édition du Paris-Roubaix a été perturbée par un incident. Les coureurs arrêtés par… un TGV ont franchi les barrières de sécurité. La SNCF a porté plainte contre X pour franchissement d'un passage à niveau fermé.

A l’occasion du Paris-Roubaix 2015, certains coureurs, bloqués au passage à niveau n°138 de la ligne Douai-Valenciennes, ont enfreint la règle et franchi les barrières ferrées juste avant le passage d’un TGV. Ce passage à niveau, du secteur pavé de la Trouée d’Arenberg (proche de la ville de Wallers), est situé à 85 km de la ligne d’arrivée. La vidéo des fraudeurs, qui a été reprise sur les réseaux sociaux, a suscité de nombreuses réactions. La SNCF a annoncé dans un communiqué son intention de porter plainte contre X. Cet incident soulève plusieurs questions.

Que risquent les coureurs qui ont franchi les barrières fermées ?
Selon le règlement de l’Union Cycliste Internationale (UCI) : « La traversée des passages à niveaux fermés est strictement interdite. Outre la pénalité légale, les coureurs qui ne se conforment pas à cette prescription seront mis hors compétitions par les commissaires. » Mais, pour cette situation extraordinaire et parce que Paris-Roubaix est une course mythique, aucun coureur ne sera sanctionné, ont annoncé les autorités de la course. « Il n’a pas été possible aux coureurs de tête de s’arrêter dans des conditions de sécurité suffisantes, a estimé après l’arrivée le président du jury des commissaires, le Belge Guy Dobbelaere. Le peloton se trouvait à 10 mètres lorsque les barrières ont commencé à se fermer ».

« En neutralisant la course pendant quelques instants, pour ne pas pénaliser ceux qui se sont arrêtés, on a respecté l’esprit du règlement, a ajouté pour sa part le directeur de course Thierry Gouvenou. En théorie, ceux qui passent alors que les barrières sont fermées sont mis hors course. En pratique, cette fois, cela aurait été une injustice vis-à-vis des coureurs qui auraient été mal identifiés. »

La SNCF ne l’entend pourtant pas de cette oreille : «Lors de la course cycliste Paris-Roubaix qui s’est disputée hier, plusieurs coureurs ont franchi délibérément et contrairement à toutes les règles de sécurité un passage à niveau fermé, déplorent les communicants de l’entreprise publique. Des millions de téléspectateurs ont pu constater en direct cette infraction extrêmement grave et irresponsable qui aurait pu être tragique. En effet quelques secondes après, un TGV circulait sur cette voie et aurait pu percuter le peloton. De tels agissements sont au minimum passibles d’une contravention pénale.»

Qui sera mis en cause si un procès a lieu ?
Jean-Christophe Amiel, chargé des questions judiciaires de la SNCF, a indiqué que «personne en particulier ne sera mis en cause. Ce sera aux enquêteurs de déterminer les fautifs. La SNCF a fait des efforts de prévention quant à la sécurité sur les voies de chemin de fer et le fait que les coureurs cyclistes ne respectent pas les règles donne une mauvaise image et un mauvaise exemple à suivre pour les nombreux téléspectateurs, du fait de la dangerosité de leur acte.»

Publié par Antoine Merminod

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